Ligne politique

Irrationalité individuelle et justesse des marchés

L'une des critiques courantes portée à l'encontre de l'auto régulation des marchés libres tient à la rationalité supposée de leurs acteurs. Lorsque les économistes libéraux affirment que le marché fixe le juste prix ou le juste salaire et qu'il fonctionne tout seul dans l'intérêt de tous, cela voudrait dire que l'homo œconomicus sous tendu par ce modèle raisonne correctement, qu'il est en quelque sorte infaillible. Les contempteurs de l'ordre spontané utilisent ce prérequis supposé pour condamner la théorie dans son ensemble. Ils rappellent que les individus ne sont ni rationnels ni bien informés, et en déduisent que la science économique libérale ne tient pas debout puisqu'elle utilise un modèle où les raisonnements des individus et l'information dont ils disposent doivent être parfaits. Ils accompagnent généralement cette démonstration d'un couplet sur l'inhumanité de ce personnage "calculateur, rationnel, égoïste et intéressé" qui ne fait "aucune place [...] à la sensibilité humaine, au civisme, à l'altruisme" 1 censé être à la base du modèle libéral mais qui, selon eux, ne fait que trahir la froideur et l'irréalisme de ses défenseurs.

En fait il n'est pas du tout nécessaire que chaque individu pris isolément soit rationnel et bon calculateur pour que le "marché" donne le bon prix, le bon salaire ou, comme nous allons l'illustrer dans notre exemple, le bon chemin.

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Les libéraux face à la crise


La crise de l'Etat providence propulse sur le devant de la scène le discours libéral, qui seul l'avait prévue. Comme nous le rappelle l'affiche/tract d'Alternative Libérale qui date de 2006, seuls les libéraux mettaient le public en garde contre la dette, bien avant la pré-crise de 2008 suivie par l'éclatement de la bulle étatique. Pourtant ces mêmes libéraux apparaissent aujourd'hui bien divisés lorsqu'il s'agit de présenter des solutions.

Il y a les partisans de l'étalon Or. et des monnaies métalliques mais il y a aussi ceux qui défendent le Free banking ou les monnaies libres.
Il y a les pro européens représentés par le PLD et par Alternative Libérale et il y a des anti-européens qui invoquent des strates administratives inutiles et pesantes.

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Discussion sur l'allocation universelle

L'Allocation Universelle est recommandée par des socialistes et par des libéraux.  Comment une même mesure peut-elle naître au sein de philosophies politiques qui s'affrontent depuis deux cents ans.?  Que cache cette apparente unicité de vue ? Où sont les divergences de fondement et de fonctionnement entre l'allocation universelle libérale et la socialiste ?

Rappelons tout d'abord que l'AU est rejetée par certains libéraux et acceptée par d'autres. Nous avons déjà répondu à l'argument libéral (libertarien) qui consiste à rejeter l'AU par principe dans le premier article paru sur le sujet: L'allocation universelle peut-elle être libérale ?  Nous en avons conclu qu'on ne peut pas raisonnablement rejeter l'AU par principe mais que l'on peut tout à fait la juger nocive, inopérante en un mot critiquer ses bénéfices supposés. Dans L'allocation universelle libérale nous avons donné une définition grand public des mécanismes  de son fonctionnement. Nous allons ici distinguer l'AU libérale de son homonyme socialiste puis répondre à certains reproches que l'on peut lui faire du point de vue libéral.

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L'allocation universelle libérale


Tous les analystes économiques et politiques le disent, les marchés ont besoin, pour retrouver confiance, non pas de recettes techniques de réduction des dépenses ou d'augmentation des impôts, mais d'une vraie vision à long terme de l'organisation des finances publiques. Au delà des rustines financières et des grandes déclarations rassurantes, ce n'est rien moins qu'une autre méthode de fonctionnement de notre sociale-démocratie qu'il faut envisager. Le mécanisme de l'Allocation universelle, s'il est accompagné de réformes institutionnelles, fournit une réponse intéressante car il permet de faire sortir le social du champ politique. Il s'agit de rendre l'aide sociale aussi indépendante du gouvernement que la justice ou la monnaie devraient l'être.

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Le flic au carrefour

Tous les conducteurs ont fait à un moment ou à un autre, la douloureuse expérience d'une circulation réglementée par un ou plusieurs agents de la force publique. Cette aventure peut advenir lorsque des feux de circulation  sont en défaut, lors d'une panne électrique de quartier, ou à l'occasion du passage d'un convoi officiel. Il est à noter que cette dernière éventualité prend de plus en plus le pas sur les deux premières : la probabilité de croiser une Citroën C6 noire (le pouvoir c'est sérieux) et diesel (pour faire des économies) accompagnée d'un convoi de gendarmes (de toutes façons ils sont payés, autant les utiliser) étant devenue nettement plus élevée que celle d'une panne électronique ou électrique.
Bref, nous l'avons tous constaté, la présence d'agents "régulateurs" au milieu d'une intersection ou nous passons tous les jours provoque une invraisemblable pagaille.

Photo flickR licence CC par georgeogoodman

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Les sociétés du CAC 40 et la "mondialisation libérale"


L'opinion publique française porte un jugement sévère sur les sociétés du CAC 40. Leurs dirigeants sont perçus comme des affairistes cosmopolites qui délocalisent à tour de bras pour profiter de la main d’œuvre la moins chère tout en s'octroyant des salaires indécents, parfois accompagnés de parachutes dorés. Cette hostilité est seulement tempérée par un sentiment de fierté patriotique lorsqu'Airbus remporte un contrat fabuleux aux émirats ou lorsqu'un pays d'Amérique du sud choisit de faire appel au savoir-faire français dans le domaine de la distribution de l'eau.

Tout en entretenant d'excellents rapports avec les patrons du CAC 40, nos dirigeants politiques, toutes tendances confondues, s’accommodent fort bien de la vulgate populaire à leur sujet. Ils vont même jusqu'à l'entretenir, puisque ce sentiment de méfiance ou de rejet de la population leur permet d'imputer nos difficultés à la fameuse "mondialisation libérale" c'est à dire à des externalités économiques et politiques. Les sociétés du CAC 40 seraient donc le résultat de la mondialisation libérale c'est à dire au fait de produire n’importe où (délocalisation libérale), avec n’importe qui (migration libérale), pour vendre à n’importe qui (marché sans frontière et affranchi des pouvoirs politiques). Dans l'imagerie dirigiste, complaisamment relayée par les médias, le "pouvoir de l'argent" a supplanté celui des États, supposés vertueux mais dépassés par la mondialisation galopante. Cette perception du public permet aux gouvernements de justifier toujours plus d'intervention et de proximité avec ces sociétés que l'État prétend "contrôler" pour mieux préserver les intérêts des français.

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L'allocation universelle peut-elle être libérale ?

Il est temps de répondre de manière théorique aux libertariens, anarco-capitalistes et même à certains libéraux qui considèrent que le principe même d'une allocation universelle n'est pas acceptable.
Ainsi Alain Laurent dans l'excellent "La philosophie libérale" rejette catégoriquement l'idée d'une allocation universelle sans d'ailleurs prendre la peine de justifier sa position. Ce n'est pas libéral, un point c'est tout ! On sent qu'on touche à un domaine sensible...
La prise de position d'Alternative libérale pour une forme d'allocation universelle a d'ailleurs créé une ligne de fracture entre libéraux. Au point que le sujet a été pudiquement éludé par les directions successives du parti. Seul Louis Marie Bachelot s'est exprimé publiquement sur le sujet et l'a défendu.

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Toute ingénierie sociale est-elle socialiste ?

Il ne faut pas confondre le planisme socialiste avec certaines formes de réglementation ou d'ingénierie sociale qui préservent et même accroissent les bienfaits de la concurrence, C'est ce que nous rappelle Friedrich A. Hayek dans ces courts extraits de "La route de la servitude" que nous avons sélectionnés pour vous.

Une manière pour nous de répondre à une certaine avant-garde libertarienne et anarcap qui honnit le concept même de l'allocation universelle de liberté, et traite de "socialistes" tous ceux qui la préconisent. Cette position nous parait aussi dogmatique et irrationnelle que celle qui consiste à en faire l'instrument d'un prétendu "droit à la vie".

Même si nous sommes globalement partisans de l'allocation universelle, nous avons de nombreuses réserves sur les conditions de sa mise en place et nous sommes bien conscients de la confusion qui règne sur son interprétation. Pour autant il n'y aucune raison d'en contester le principe.

Ce petit amuse gueule n'est évidemment pas notre réponse principale sur ce sujet qui viendra en son temps.
En attendant, enjoy !

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Proudhon et la gauche libérale

Difficile pour GL de ne pas s'intéresser à Proudhon, célèbre représentant d'une gauche résolument anti-collectiviste, cette gauche que les mouvements anarchistes et libéraux ont maintenue vivante jusqu'au début du XXe siècle avant que le socialisme ne l'étouffe.

Bien sûr, Proudhon se disait socialiste, puisqu'à l'époque le mot n'avait pas pris tout son sens. Le socialisme était en construction et Proudhon en était un artisan. Mais le socialisme de Proudhon n'a que bien peu de rapport avec celui de Saint-Simon ou de Marx. S'il prend la forme d'une critique radicale de la société et se range du côté des ouvriers face au grand capital, il ne contient aucune composante anti-individualiste et ne voit ni le prolétariat ni l'État comme des sources légitimes du pouvoir.
En fait Proudhon nous a légué une critique féroce de toutes les doctrines et postures du socialisme moderne.

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La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

En 1948, au lendemain de la guerre, les représentants de 58 nations adoptent un texte dénommé «Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ». En apparence, ce document se présente comme la DDH de 89. Il possède un préambule et une série d'articles censés définir des Droits de l'Homme. Il est nettement plus long puisqu'il comporte 30 articles, 11623 caractères et 1912 mots contre 13 articles, 751 mots et 4670 caractères pour la DDH de 1789. Cette nouvelle déclaration est placée sous la tutelle de l'ONU.

Si les intentions de cette nouvelle déclaration sont louables, sa forme et son esprit méconnaissent tous les enseignements du siècle des lumières et de la philosophie libérale à tel point qu'elle représente un véritable danger pour les vrais Droits de l'Homme.

Photos flickR licence CC par United Nations Information Service - Geneva

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Les Droits de l'Homme de 1789 et ceux de 1948

Le discours politique actuel, tel qu'il émane des partis ou des médias, utilise les termes "Droits de l'Homme" en agrégeant dans un même concept les Droits de l'Homme de 1789 et les Droits de l'Homme de 1948. Pour le spectateur politique contemporain, peu averti de l'histoire des idées, la déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 apparait comme une amélioration et un enrichissement de celle de 1789.  On pense généralement que des idées communes y sont exposées de façon plus détaillée et réparties dans des articles plus nombreux. Aux yeux du public il s'agit donc de la même déclaration, rendue "universelle" par l'engagement des grandes puissances, tel qu'il figure dans son préambule, "d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives".

Comme nous allons le voir, tout ceci est erroné et les deux Déclarations des Droits de l'Homme sont extrêmement différentes dans leur forme et dans leur esprit, même si la similitude de leur présentation laisse croire le contraire

Commençons par examiner la DDH de 1789 dans tout ce qu'elle a d'inédit et de subversif.

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Retraites, le tabou de la capitalisation

Un des traits marquant de la controverse sur les retraites, réside dans l'absence totale de débat sur l'option de la retraite par épargne personnelle. En effet, les deux grands partis dirigistes de droite et de gauche, au pouvoir depuis 60 ans, sont tous deux de fervents partisans de la retraite dite "par répartition".

photo flickR cc par jolimatin

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L'étrange ressemblance de la fonction publique et du clergé

Notre pays a connu la révolution la plus radicale du continent européen. L'absolutisme monarchique et les ordres privilégiés ont été mis à bas, d'abord philosophiquement par le siècle des lumières, puis politiquement et économiquement par la révolution libérale de 89. Contrairement aux nombreuses autres nations qui ont progressivement vidé la monarchie de son pouvoir en conservant son apparat, la France a choisi une république prônant la liberté et l'égalité entre tous. Pourtant, curieusement, plus de deux siècles après cet événement d'importance planétaire, il semble que notre pays, toujours aussi républicain en apparence, redevient l'hôte des privilèges, dans le vrai sens du terme, à savoir des droits particuliers qui sont accordés aux uns et pas aux autres. Les principes  libéraux de 89 ont été oubliés au fur et à mesure d'une remontée du dirigisme. L'absolutisme monarchique a été remplacé par un absolutisme social qui peut se permettre tous les excès, fort de la caution morale que lui donne son combat pour la "justice sociale". Dans cette société qui produit quatorze mille pages de textes réglementaires par an et où les dépenses publiques atteignent 56% du PIB, les fonctionnaires jouent un rôle central qui n'est pas sans rappeler celui du clergé dans l'ancien régime.

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Elections régionales : liste "moins de pouvoir à la région"

Elections régionales des 14 et 21 mars 2010 Liste : moins de pouvoir à la région Conduite par Frédéric Bastiat (1801-1850) Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, Considérant que l’Etat  […]

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La motion : "pour un libéralisme de progrès" aux élections internes d'Alternative Libérale

Gauche Libérale soutient la liste "Pour un libéralisme de progrès" aux élections internes d'Alternative Libérale.



La motion au format pdf.


Chers adhérents d'Alternative libérale,

Malgré un travail acharné, malgré la mobilisation de militants motivés qui n'ont pas compté leur temps et leur énergie pour qu'émerge enfin en France une société de liberté, basée sur le Droit et la raison, que nous appelons tous de nos vœux, nous avons connu des résultats électoraux décevants et une baisse du nombre de nos adhérents.

C'est que nos idées, que nous savons fortes et profondément humanistes, ne suffisent pas à mobiliser l'opinion, ni même à maintenir une dynamique de croissance interne.

Les passages médias réussis de notre présidente attirent de nombreux militants, mais nous ne savons pas les fidéliser. Nous débordons de propositions dans tous les domaines, mais nous ne savons pas mettre en avant celles qui répondent le mieux aux inquiétudes des Français. Nous sommes parvenus à organiser une campagne européenne difficile pour un petit parti, mais les résultats sont décevants.

Par ailleurs, Alternative Libérale a su créer une véritable marque, connue du public et des médias, ce qui n'est pas si aisé face à un appareil dirigiste qui se complaît à déformer tout message favorable au libéralisme.

Face à ce constat mitigé, et nourris par l'expérience de nos premières années d'existence, nous pensons que le modèle actuel d'Alternative Libérale doit être remis en question.

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La Justice sociale.

Ces deux mots, ont toujours autant de succès parmi les dirigeants de la gauche. Jean Luc Mélenchon, Ségolène Royale, Martine Aubry et même Bertrand Delanoë les invoquent, tel un mantra mille fois répété. Ils sont ainsi cités quatorze fois dans le dernier livre de Bertrand Delanoë,  Leur emploi abondant n'a d'ailleurs pas pu empêcher la déconvenue du maire de Paris aux élections internes du PS. L'infortuné avait eu la malchance de se revendiquer du libéralisme (politique) juste avant la crise. Les quatorze citations de la "justice sociale" n'ont donc pas réussi à compenser sa malheureuse évocation du libéralisme.

Mais qu'est-ce que cette justice sociale dont se gargarisent tous les dirigeants de la gauche rose verte et rouge et qui plaît tant à leurs électeurs ?

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Pourquoi n'y-a-t-il pas de libéralisme de gauche en France ?

Intéressante conférence de la fondation pour l'innovation politique intitulée : Pourquoi n'y-a-t-il pas de libéralisme de gauche en France ? Intervention de Marc LAZAR, professeur des universités en histoire et sociologie politique à Sciences Po et à la Luiss de Rome. J'émettrais un bémol sur le  […]

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