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Libéralisme, socialisme, l’origine idéologique de la division

Complément et réponse à l’article de Johnathan Razorback, Le libéralisme, le socialisme, et l’héritage divisé des Lumières, paru dans Contrepoints le 22 août 2021.

La division entre libéraux et socialistes

On peut voir la division entre libéraux et socialistes comme une variation des moyens politiques pour atteindre un même idéal, celui des lumières, mais il me semble important de souligner qu’il y a une origine idéologique fondamentale dans la scission de ces deux mouvements.

Rappelons tout d’abord que cette division, même si elle trouve ses germes dans les philosophes des lumières eux-mêmes, - il est difficile de concilier les points de vue de Rousseau et de Hobbes - est apparue politiquement presque à la fin du XIXe siècle.

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Karl Marx et les droits de l'homme

Extraits de à propos de la question juive  (1843) :

Voilà un texte édifiant qui démontre que Marx (et beaucoup de ses disciples) n'a rien compris au concept révolutionnaire contenu dans les Droits de l'Homme distincts des droits du citoyen.
Car cette distinction est précisément ce qui est remarquable dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Pour la première fois le peuple réuni en Nation attribuait des droits à chaque Homme en tant que tel. Il ne s'agissait donc plus de légiférer pour déterminer le comportement des hommes entre eux ou par rapport à une autorité supérieure, mais d'accorder des droits imprescriptibles à chaque être humain. L'Homme devenait donc un individu souverain dotés de droits qui ni la collectivité, ni l'Etat ni même la religion ne pouvaient lui contester. C'est contre ce concept prodigieux, qui permettait enfin aux individus de s'affranchir de la tribu, du clan, de la famille ou de la caste, que s'élève Marx : "l'homme séparé de l'homme et de la communauté, c'est l'homme égoïste" et c'est seulement lorsque l'homme devient un "être générique" que l'émancipation humaine est accomplie". Incroyable contresens qui fait retomber l'homme dans le collectivisme, qui nie sa liberté à peine conquise et qui confond volontairement individualisme et égoïsme.

Autre étonnante lacune dans la pensée de Marx, son interprétation de la notion de propriété. Il cite l'article 16 de la constitution de 1793 : « Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » qu'il résume par : "le droit de jouir de sa fortune et d'en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société". A t-il lu le texte ? pourquoi les biens et le fruit de son travail se sont-ils transformés en "fortune" ? En quoi la déclaration des Droits de l'Homme indique t-elle qu'il ne faut pas se soucier des autres hommes ? Il s'agit là d'une pure déformation du texte qui frise la mauvaise foi. Pire, Marx n'a pas compris ce que Proudhon allait finalement comprendre, à savoir que la propriété garantie par la Déclaration des Droits de l'Homme, ce n'est pas l'accumulation des richesses mais la condition nécessaire à l'exercice de la liberté de chacun. La première des propriétés affirmée par la Déclaration des Droits de l'Homme c'est celle de son corps, ce qui met légalement fin à l'esclavage.

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