Les équipes de collage des deux candidats sont probablement tout aussi ultra-dirigistes qu'eux lorsqu'il s'agit d'organiser la vie politique, néanmoins, lorsqu'il faut résoudre des problèmes concrets sur le terrain, tout le monde redevient libéral.

Les derniers colleurs, ceux qui n'ont pas recouvert l'autre, ont tenu un raisonnement simple : si je ne recouvre pas mon voisin, il y a des chances que l'équipe adverse m'épargne lors de son prochain passage. Si elle ne m'épargne pas, donc si elle recouvre mon affiche, elle sait que je vais réagir et recouvrir à mon tour les deux siennes. C'est donc un équilibre qui s'établit. Aucune loi n'oblige à partager les panneaux, mais ils sont partagés.

Le système fonctionne parce que les affiches des deux finalistes peuvent tenir ensemble sur ces panneaux imposés par les collectivités locales. Ça n'a pas du tout fonctionné au premier tour de la présidentielle avec dix candidats et des panneaux exigus.

Et pour peu que se présente un troisième larron inattendu, un représentant de l'abstention ou du vote blanc, l'équilibre est rompu : plus assez de place pour coller, donc : pas de quartier !