avait, dans un éclair de lucidité, affirmé que l'accident n'était pas une catastrophe écologique et que le terme de "catastrophe" devait être réservé à d'autres circonstances nettement plus graves.

Le tollé de l'opinion et la menace d'excommunication de la part des membres de son parti la poussa à revenir sur sa première déclaration de bon sens. Oui, finalement elle était bien convaincue que la marée noire de l'Erika était une Catastrophe écologique – catastrophe qui n'a fait aucun mort humain, qui s'est résorbée en quelques mois et qui a consisté en ce qu'un produit naturel et hautement biodégradable, le pétrole, soit répandu par accident dans l'océan. La religion verte, habituée à surfer sur le moindre souffle de l'opinion, avait accompli son oeuvre, la dissidente était rentrée dans la ligne du parti, comme Galilée, elle avait publiquement renoncé à ses théories hérétiques.

Lorsque le 26 décembre 2004, le grand raz-de-marée a frappé les côtes de l’océan Indien et du Pacifique, les Verts n'ont pas cru bon s'excuser. Aucune raison en effet, chez les Verts 2 000 mouettes bretonnes mazoutées ça mérite la même qualification de "catastrophe naturelle" que 225 000 indonésiens morts noyés.