Manuel Valls est l'un des rares hommes politiques qui, sans l'adopter, essaye de comprendre la pensée libérale.  Il ne fuit pas le mot libéral :
"Les entreprises, le marché, la concurrence, aucun problème. Le côté clan des patrons sarkozystes, tel qu'on le voit parfois, c'est autre chose, et les libéraux, les vrais libéraux, ne devraient pas apprécier".
Nous, on apprécie. De même lorsqu'il écrit :
"les sociétés anglo saxonnes sont plus ouvertes donc plus à gauche que notre vieille république verrouillée, où les élites se reproduisent entre elles..."
Manuel Valls rompt définitivement avec le marxisme anti droit de l'hommiste et avec la fascination de la gauche pour ses extrêmes.trotskistes ou alter-mondialistes, ouf, il était temps !
On trouve même dans ses propositions quelques avancées libérales telle que l'autonomie réelle des universités ou le paiement des études supérieures, différé au cours de la vie professionnelle.

Il doit bien entendu être précisé que ce vote de soutien n'est pas un vote d'adhésion puisque Manuel Valls défend certaines thèses autoritaires en matière de sécurité, d'environnement, ou même d'économie qui sont à l'exact opposé de nos valeurs. Grand admirateur de l'escroc Al Gore, il est également persuadé que le capitalisme financier doit être "moralisé", reprenant ainsi cette tarte à la crème de tous les dirigistes, responsables de la crise. Il se gargarise de l'expression "justice sociale" qui est en soi un contresens. Il se prononce pour la discrimination positive qui est une horreur idéologique. Il n'hésite pas à parler de "chèque" et de "cadeau" quand certains impôts baissent, entérinant cette vieille idée socialiste que tout appartient à l'Etat. Il défend enfin le système de retraite par répartition au nom de la sempiternelle "solidarité", renommage politiquement correct de la redistribution coercitive dirigiste.

Mais surtout, surtout, Manuel Valls a raté l'occasion de se démarquer de tous les hommes politiques, de tous bords en avouant enfin publiquement que la crise a pour unique origine le dirigisme économique et sociétal qui caractérise les sociales-démocraties. Manuel Valls ne sera donc pas l'Homme-qui-entrera-dans-l'Histoire en affirmant haut et fort que la mondialisation, les marchés financiers, la spéculation, et les chinois ne sont pour rien dans notre déconfiture.
A défaut, il est le premier dirigeant du PS à proposer d'abandonner le mot socialiste, c'est déjà beaucoup et cela suffit à emporter notre décision.