La lutte contre la pornographie est-elle justifiée ?
Par Guilain le samedi, 6 déc. 2008, 02:29 - Lectures - Lien permanent

A première vue, la question n’a pas tellement d’importance. Et pourtant, si je ne considère que mon point de vue de "consommateur", cette condamnation ambiante me rend difficile l’accès :
- à une source de développement de mes fantasmes, de mes capacités à m’exciter
- à des moments agréables et excitants
- à de nouvelles idées, de nouvelles envies d’innovation.
- à de nouveaux sujets de discussion avec les autres
Si, comme moi, vous pensez que la sexualité est l’un des domaines de la vie qui apportent de la joie, de l’énergie, de l’enthousiasme, de l’entrain, des connexions, etc., alors la question de la condamnation de la pornographie au nom de la morale n’est pas juste un petit jeu rhétorique sans conséquence.
1. Elle est médiocre
2. Elle cause un tort à celui qui la regarde
3. Les conditions de travail y sont déplorables
4. Elle incite à la violence sexuelle
5. Elle met la jeunesse en danger
6. Elle dégrade l’image de la femme
1. Elle est médiocre.
Imaginons qu'on décide de lutter de façon globale contre ce qui est médiocre, de dire que ça n’a pas de raison d’être, que c’est fondamentalement mauvais. Un tel dirigisme moral irait par exemple contre la publication sur des blogs de textes bourrés de fautes d’orthographes et sans intérêt littéraire. Pourquoi adopterait-on une position morale si radicale ? On ne peut évidemment pas défendre qu’il est mauvais de façon absolue de publier des textes médiocres ! Par contre, on peut éventuellement vivre en faisant le choix d’éviter d’être confronté au médiocre, tout en ayant conscience que ce choix est personnel et qu’il n’est pas forcément le meilleur pour tous.2. Elle cause un tort à celui qui la regarde
Voici quelques exemples de torts causés à soi-même :- l’adoption d’un modèle moral « inacceptable » (sexualité interchangeable, dissociée de tout sentiment, de toute affectivité)
- la perte « futile » de temps, d’argent et/ou d’énergie
- l’addiction, la culpabilité...
- le paternaliste peut se tromper, et imposer quelque chose qui se révèle finalement mauvais pour la personne (comment peut-on savoir si dissocier la sexualité de l’affectivité va être mauvais pour quelqu’un ?)
- la personne est infantilisée, elle perd un peu du pouvoir qu’elle a sur sa vie.
- on ne peut pas contrôler une personne longtemps tout le temps. Par exemple, si la personne veut accéder à la pornographie, elle finira par y arriver, quels que soient les obstacles qu’on pourra mettre sur sa route.
- on tend la relation, on met en péril les possibilités de parler de façon authentique, donc on rend plus difficile tout autre forme d’aide que celles sous forme de paternalisme
3. Les conditions de travail y sont déplorables
Condamner les conditions de travail d’un domaine n’implique pas la condamnation morale de ce domaine. Les jouets pour enfants, par exemple, ne sont pas en eux-mêmes condamnables, même si les conditions dans lesquels certains ont étés fabriqués le sont.4. Elle incite à la violence sexuelle
Ruwen Ogien cite de nombreuses recherches dont les résultats se contredisent. Il conclut en écrivant « les pornophobes (les plus informés au moins) ont renoncé à étayer leur point de vue par des recherches empiriques prouvant l’existence d’une relation causale directe entre l’augmentation de la pornographie et celles des violences sexuelles. Ils préfèrent parler d’effets indirects ou de causalité complexe. »5. Elle met la jeunesse en danger
Dans l’hypothèse où la pornographie est un spectacle particulièrement choquant et dangereux pour les enfants (qui n’est établit, selon Ruwen Ogien, par aucune étude sérieuse – celle de l’UNAF, commandée par Ségolène Royal, ne l’étant pas), et dans l’hypothèse où l’on trouve pertinent d’être paternaliste sur certains points vis-à-vis des enfants (ce qui peut se défendre), on pourra s’arranger pour éviter que les enfants ne tombent pas sur un spectacle pornographique. Quoi qu’il en soit, il ne s’agirait alors pas de lutter contre la pornographie en elle-même mais de trouver un équilibre entre la liberté des adultes à pratiquer une activité (regarder des spectacles pornographiques) et les arrangements pour éviter que des enfants n’y aient accès.Bien sur, pour empêcher le mieux possible aux enfants d’y accéder, il faudrait l’interdire totalement même pour les adultes. Cette position extrême me semble nuisible parce que :
- interdire une activité, prisée par de nombreux adultes, au nom d'une morale a un coût élevé en termes de liberté individuelle (d’ailleurs, les oppositions à l’interdiction sont fortes et rendent souvent cette interdiction inefficace).
- les torts causés aux enfants ne sont pas établis de manière fiable. Certains défendent même l’idée que le spectacle pornographique n’est pas forcément nuisible aux enfants (ils abandonnent ainsi l’hypothèse selon laquelle il faudrait être paternaliste avec les enfants en les tenant éloignés de la pornographie). Leurs arguments sont les suivants : de même que pour la mort ou la violence, les spectacles pénibles ou choquants permettent de parler, de se vacciner et il est préférable de commencer tôt plutôt que de découvrir ces aspects de la vie à 18 ans ; il est préférable que la curiosité sexuelle des enfants puisse être satisfaite par plusieurs moyens différents, et la pornographie constitue un moyen intéressant.
6. Elle dégrade l’image de la femme
L’argument développé par Ruwen Ogien est à la fois simple et convainquant. Je préfère le citer plutôt que le résumer :« Il existe, aujourd’hui, un courant libéral qui ne se contente pas de tolérer la pornographie mais qui entend la promouvoir au nom de principes de justice. Autrement dit, il existe une version de l’argument de justice qui, à partir des mêmes prémisses, arrive à la conclusion qu’il faut promouvoir la pornographie. Le fait que des femmes sont des figures principales de ce courant est important dans l’argument que je souhaite défendre puisqu’il repose sur le rejet du paternalisme. Que disent-elles ? La diffusion libre et massive de la pornographie, même lorsqu’elle est totalement dépourvue d’intérêt artistique, même lorsqu’elle contient certains aspects répugnants, ne fait pas taire les femmes ou les minorités sexuelles. C’est tout le contraire qui est vrai.
- Elle fait prendre conscience de l’existence de toutes sortes de pratiques ou de désirs. Ce mouvement contribue à une prise de conscience par chacun de ses propres désirs et peut aider à redonner une certaine dignité à des pratiques sexuelles ridiculisées, dévalorisées ou méprisées (celles des minorités sexuelles, gays ou autres, en particulier).
- Elle ne semble pas du tout interdire la dénonciation devant la justice des brutalités sexuelles que subissent les hommes et les femmes. C’est plutôt dans les pays permissifs à l’égard de la pornographie que la dénonciation des brutalités sexuelles semble la moins limitée par la honte ou la crainte de représailles.
- Elle s’accompagne d’un mouvement de légitimation du travail sexuel rémunéré, à commencer par celui des vedettes des films pornographique. Ce mouvement pourrait s’étendre aux prostitués et aux prostituées, qui sont toujours victimes d’un mépris profond et injuste.
- Elle donne aux femmes la possibilité d’innover, de proposer des œuvres de ce genre qui leur conviennent mieux et de modifier éventuellement les goûts « sexistes » du public, plus sûrement que dans une situation où le marché est clandestin.
Pour toutes ces raisons, la diffusion libre et massive de la pornographie contribue à atténuer des injustices politiques et sociales. Bien entendu, ces raisons pour la promotion de la pornographie sont aussi discutables que les raisons contre la pornographie ou les raisons pour la tolérance seulement. Mais elles montrent bien pourquoi la pornographie ne peut pas être alignée sur le racisme, l’antisémitisme ou l’homophobie. Il y a, certes des juifs ou des Noirs qui détestent leur communauté d’appartenance, qui refusent d’être identifiés avec elle, qui endossent les pires stéréotypes racistes ou antisémites. Mais aucun, je crois, n’irait jusqu’à dire que le racisme ou l’antisémitisme sont bons pour les Noirs ou les juifs, qu’ils contribuent à leur épanouissement personnel, qu’ils favorisent l’égalité politique, économique ou sociale. En revanche, certaines femmes n’hésitent pas à dire que la pornographie contribue à l’égalité politique, économique ou sociale et à leur épanouissement personnel. Ce qui importe, au fond, ce n’est pas que leur argument soit établi, mais qu’il ne semble pas tout à fait absurde. Dans le cas du racisme ou de l’antisémitisme, il n’y a aucun sens à discuter de l’argument. Il est stupide. L’un des ouvrages les plus en vue du courant féministe pornophile, de Wendy McEllroy, à pour titre : « Le droit des femmes à la pornographie ». Personne ne semble le trouver ridicule ou choquant. Mais que dirait-on de : « Le droits des juifs à l’antisémitisme » ou « Le droit des Noirs au racisme » ?
Ceux qui détestent la pornographie rejetteront très probablement mon raisonnement. Ils diront que les femmes qui défendent la pornographie sont tout simplement aliénées, manipulées, « vendues » à leurs oppresseurs. (...) On peut admettre que le fait de travailler dans l’industrie pornographique peut déformer dans un sens favorable ou défavorable les opinions à propos de la pornographie. On peut admettre, aussi, que les femmes terrorisées par un mari pornographe professionnel, hésitent à dire tout le mal qu’elles pensent de son métier. Mais dans le cas des juristes et des philosophes pornophiles, il est difficile d’identifier des facteurs de manipulation ou d’aliénation qui ne seraient pas fantaisistes. »

Commentaires
Rare de voir un tel sujet abordé sur un blog politique, c'est une bonne idée je trouve car on n'en parle pas assez et pourtant la pornographie évolue, peut-être pas dans le bon sens justement, c'est pour cela qu'on ne devrait plus avoir de tabou.
Je suis OK avec ton analyse, il ne faut pas bêtement s'en prendre à la pornographie. Plutôt s'y intéresser, voir comment on peut améliorer certaines choses dans ce milieu car tout n'est pas rose non plus
Le texte est de Guilain, Nouvel adhérent GL.
C'est vrai quoi, y'en a marre du Cannabis...
female, allemande, consommateur:
Je ne trouve pas que la pornographie est moralement condamnable.
(J’ai entendu le plus souvent des hommes ce quelle est moralement condamnable et contre les femmes.? )
Elle me donne de la joie et de l’inspriration en regardant de temps à temps. C’ést une méthode simple de faire la connaissance des plusieurs formes de la sexualité. On peut par examples voir les parties génitales proche comme c’est autrement pas possible - surtout pour les femmes.
Des gens qui ne sont pas sexuellement active pourraient avoir une impression incorrect. Quand il n’y a pas d’autre réference, la personne ne sait pas que les touchements ou leurs consequences dans les films ne sont pas les mêmes dans la vraie vie.
Si personne devient dans une addiction, c’est toujours pas bien biensur.
Mais je suis aussi de l’opinion ce qu’on ne peut pas contrôler personne tout le temps.
Ce n’est pas la dévoir des produceurs des filmes mais des parents de négocier des valeurs morales…
Merci Guilain
Oui, ne pas s'en prendre bêtement à la pornographie, ça résume plutôt bien l'idée de l'article...
Merci Anni pour ton témoignage, ça me plait que tu relèves les aspects positifs de la consommation de la pornographie. A propos de ta dernière phrase, à mon avis, peu de gens réclament que les producteurs de films soient les garants de la morale
Quand je parle de la lutte injustifiée contre la
pornographie, je fais surtout référence à l'État et à la morale ambiante
(législation qui rend difficile l'accès aux films X, opprobre jetée sur les
travailleurs du milieu X ou même sur les consommateurs, etc.).
La pornographie c'est un groupe d'adultes totalement irresponsables qui détruisent en quelques temps la bonne éducation que des parents tentent, non sans mal, à inculquer à leurs enfants. A bannir quelques soit vos arguments.
Bonjour, qu'est ce que signifie pour vous "détruire une bonne éducation" ?
Pourquoi sont-ils "irresponsables"?
J'ai lu le même livre que vous, j'ai même approfondi la question puisque j'ai fait deux mémoires sur le sujet pendant mes études.
Déjà, je trouve que parler de la pornographie pour nous autres les garçons ce n'est pas simple.
Nous sommes tous plus ou moins attiré par "cet objet d'analyse"; il est donc difficile d'être objectif.
Condamner la pornographie serait stupide, je suis d'accord avec toi.
Cependant, derrière un ordi, chaque consommateur cautionne un système. On ne peut pas contrôler toujours la provenance des images. Les femmes sont-elles consentantes ou font-elles l'objet d'une exploitation. Tu as dû entendre parler de la traite des blanches; toutes ces femmes de l'est vendues trés jeunes ou kidnappées pour faire du film X. Les cas ne sont pas rares.
Alors oui à une pornographie mais une pornographie "label rouge", certifiée conforme?
Mais même à ce stade j'ai un doute. Je suis persuadé que la pornographie frustre.
Pense aujourd'hui que sur le net en moins de deux secondes tu peux avoir la fille que tu veux, brune, blonde, ronde, mince, black, asiatique, en train de sucer, se faire enculer ou autre. C'est un véritable fast food. C'est l'hyper choix.
Il n'y a plus d'identité, que des corps, plus d'âmes. Le retour à la réalité est bien entendu difficle. Comment se détacher d'un tel support qui apporte tant de plaisir. Il appauvri sans conteste la vie réelle.
La pornographie polarise, fascine, nous décentre, elle peut devenir une addiction en ce qu'elle propose une autre réalité; elle vivfie, excite, stimule.
Tout le monde aime la pornographie, mais tous les pères seraient désastrés de voir que leur fille devienne une actrice X.
Je pense que la pornographie est également un nouvel opium, elle endort doucement les foules. Elle est la "vaseline du capitalisme".
Je ne suis pas catholique, j'aime le sexe sous toutes ces formes. Mais je préfère que les gens pratiquent du sexe concrètement. Voir les hommes derrière leur écran, seul, la queue à la main, c'est la misère de la modernité. Chacun reclu, enfermé dans ses pensées.
L'écran nous amène les images et rien nous choque dans cette pratique. Or, cela revient à regarder des gens à faire du sexe, comme si on était devant eux, qu'on s'approcher pour voir le moindre détail. Imaginez vous dans une piole en train de faire cela. L'écran permet de la distanciation, mais au final c'est la même chose!
Voilà, j'aimerai bien débattre avec toi car je ne suis pas du tout arrêté sur ce sujet qui me semble l'un des plus importants de notre décennie, sans rire!
Une pornographie "label rouge", oui pourquoi pas
Votre argument "la pornographie frustre, endort, appauvrie la vie réelle, etc." ne permet pas de condamner la pornographie. Pas seulement parce qu'il est discutable (la pornographie peut aussi donner du piquant à la vie réelle), mais parce que ce serait une condamnation paternaliste (l'éventuel tort n'est causé qu'à la personne qui fait l'action).
"Les pères désastrés de voir leur fille actrice porno" ne sont pas une raison légitime de la condamner non plus. Il y a des pères désastrés à l'idée que leur fils devienne poète, ça ne condamne pas le fait d'écrire de la poésie.
Vous préférez "que les gens pratiquent du sexe concrètement". D'autres personnes préfèrent certainement l'inverse.
Vous dites que vous aimez le sexe sous toutes ses formes, mais vous vous contredisez puisque le voyeurisme semble vous choquer au plus haut point (avant dernier paragraphe). Ou est le problème à être dans une piaule à regarder des gens faire du sexe, si tous les participants sont consentants ???
Désolé pour mon ton un peu sec, mais vous commencez par dire "Condamner la pornographie serait stupide", puis j'ai l'impression que les autres paragraphes ne font que la condamner...
J'étais accro a la pornographie,je me suis détruit socialement,car cela fausse les rapports humains,c'est une drogue!je trainais dans beaucoup de sex shop vidéo ,et quand on dit cela est dégradant pour la femme,c'a l'est tout autant pout l'homme!la production porno gay est effarente,et ils vont plus loin dans la déprave!comment considéré un homme ,une femme,quand on ne regarde que des films et des sites pornos?méme si on parait a tout abord normal??
Et de plus il ne faut pas oublier,l'erotisme passif,des affiches,ou les pubs a hauteur des yeux des enfants,sur les devantures des buralistes,pour hot vidéo ou tétu!
dans le roman 1984,de Georges Orwell,il y décrit que la pornagraphie,est diffusé avec l'aval du gouvernement,dans le but d'asservir le bas peuple!
Et c'est ce qu'avait fait la Chine,au tibet,en détruisant les sites religieux,dans certaines villes en y faisant dévelloper la prostitutions,les sex shops et les casinos!!
c'est de l'hyppocrisie,on fait la chasse aux pédophiles,alors que d'un autre coté,on incite tellement de gens a aller tout aussi loin,en pronant la liberté,de circulation de la production porno!c'est sure ,cela génére tellement d'argent!!L'union européenne, a cause du libre marché,du commerce,légalise la vente de pornos mettant en scenes des hommes et des femmes du fin fond de la misére avec des animaux!
ce n'est que du buisness,c'est sure ils sont mageurs,mais ils ne font pas ca pour le plaisir!!!!!
Pour ajouter des éléments concrets.
Pour les pays de l'est je connais un polonais d'origine qui est retourné en Pologne à la chute du mur, il a du contracter avec la mafia locale pour ouvrir son entreprise de chauffage central. La haut la mafia tient tout, donc aussi le porno, mais ce n'est hélas que comme le reste.
Pour les pays occidentaux:
Les productions francaises sont submergées de demandes de débutantes lambda, ni forcées ni contraintes, qui sont prêtes à tout si c'était payé 400 e de l'heure, qui ne pourraient d'ailleurs pas être rentabilisés par le marché actuel. Je veux être Clara Morgane est leur credo.
Pour les usa ils ont adopté la législation 2257 , toute production porno doit être inscrite sur un registre avec copie des pièces d'identité et noms des partenaires pour permettre une tracabilité légale et sanitaire.
Pour les pays du nord de la france et allemagne, les rapports collectifs sont courants pour environ 10 à 20 % de la population, on ne sait pas trop. Ils font très facilement du x, pour eux c'est juste quelques acrobaties en plus en ajoutant une camera.
Bonjour Manu,
je reprends point par point votre commentaire :
> 1. La pornographie est une dépendance qui détruit socialement
C'est surement le cas pour certaines personnes, mais ce n'est pas une raison qui suffit à légitimer la lutte contre elle. Le travail par exemple peut avoir le même effet (cf. les workaholic). Est-ce qu'il est légitime de lutter contre le travail ?
> 2. La pornographie est dégradante pour aussi pour l'homme
Même argument que pour l'image de la femme : s'il existe des hommes qui considèrent que la pornographie est bonne pour l'image des hommes, cela suffit à ne pas faire de cette peur de la dégradation de l'image des hommes une raison de lutter contre la pornographie.
> 3. L'érotisme passif et les enfants
Je développe cette question dans le texte ci-dessus, vous n'y répondez pas.
> 4. La pornographie sert à asservir le bas peuple
D'autres personnes prétendent exactement le contraire... Pour le Tibet, instaurer de force des sex-shops à la place de sites religieux, c'est d'abord une atteinte à la liberté des tibétains de disposer de leurs lieux de religions. La Chine n'a pas besoin de sex-shops pour asservir le Tibet...
> 5. Il est hypocrite de vouloir lutter contre la pédophilie sans lutter contre la pornographie
Il faudra que vous m'expliquiez en quoi c'est une hypocrisie ! Encore une fois, on peut lutter contre le travail des enfants, sans lutter contre le travail en lui-même.
> 6. C'est l'appât du gain qui pousse les producteurs et les acteurs à faire du porno
Oui, ça me semble être le cas le plus courant. Est-ce que, parce qu'ils "sortent du fin fond de la misère", le consentement des acteurs compte pour du beurre ? La plupart des produits high-tech que vous achetez ont étés fabriqués par des chinois qui sortent du fin fond de la misère. Où est la différence ? Pourquoi ne laissez vous pas aux gens le choix entre tourner des scènes de cul (bien payées) avec des gens ou des animaux (dans le pire des cas) et passer leurs journées (mal payées) à faire un travail inintéressant ? Ou alors vous avez une meilleure idée pour leur permettre de gagner leur vie ? Redistrubuer de façon égale la richesse produite, par exemple ? Mais alors, qui sera motivé pour travailler et produire cette fameuse richesse ?
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La diversité de vos arguments anti-pornographie me donne une drôle d'impression. A vous lire, c'est le mal suprême. A mon avis, vous avez de forts apriori moraux que vous ne pouvez pas remettre en question ! Me trompé-je ?
Bonjour Jeanlouis,
merci pour ces précisions
Oui, ça ne m'étonne pas que la mafia tienne l'industrie du porno en Pologne. C'est comme quand l'alcool a été interdit aux Etats-Unis : la mafia se frotte les mains... Mais ce n'est pas une raison pour lutter contre l'alcool en lui-même...
La législation 2257 adoptée aux USA est effectivement une bonne chose. Je pense que nous avons une législation similaire en France.
J'aime beaucoup les pays du Nord et l'Allemagne
Guilain
Tu dois être bien jeune pour penser ainsi.
Tu es vraiment le réprésentant de cette génération "c'est mon choix" où tout vaut tout et surtout où tout se défend au nom de ses propres désirs conscients ou inconscients.
Ce que je te reproche ce n'est pas de défendre où pas la pornographie, c'est le néant de ta pensée relativiste égocentrée. J'attends avec impatience ta défense de l'héroine et du meurtre. Tu parles de liberté mais en fait tu parles uniquement de la tienne, tu oublies celle de ceux qui en souffrent qu'ils soient consommateurs ou acteurs or si tu veux défendre la liberté tu dois défendre aussi celle des aliénés et c'est là que tu devra sortir de ton relativisme.
Enfin, un point de rhétorique : tu n'as pas le droit de mettre en rapport l'alcool et la pornographie. Ce serait le sexe que tu pourrais comparer à l'alcool. Ce qui est interrogé dans ce débat, c'est une mise en scène du sexe et de tout ce qui va avec ; il n'est nullement question d'interdire le sexe ou de limiter l'acces au sexe. Tu es tombé dans le piège des défenseurs intéressés de la pornographie qui consiste à associé sexe et pornographie pour faire croire que toutes les critiques seraient une attaque contre les libertés sexuelles.
Enfin, je te conseille un livre de michela marizano parisoli du CERES qui , loin d'être moraliste , se penche vraiment sur cette question avec une vrai réflexion sur le corps et la question du sujet : "la pornographie où l'épuisement du désir"
Partir des élucubration du sous-philosophe et super-sophiste Ruwen Ogien pour discuter de la pornographie c'est un peu comme utiliser une brochure publicitaire de Monsanto pour s'interroger sur les bienfaits de l'agriculture biologique. Bref. Je tiens à préciser que je ne suis pas le moins du monde un puritain puisque mon épouse et moi formons un couple de joyeux partouzeurs depuis une quinzaine d'années et que, ayant rencontré toutes sortes de gens "libérés" aux préoccupations sexuelles plus ou moins joyeuses, nous avons un point de vue assez éclairé sur ces sujets...
Voilà donc quelques années que les choses se sont éclaircies et que, pour faire court, il nous est apparu comme une évidence que la pornographie ainsi que toutes les formes de "libertinage moderne" ne sont rien d'autre qu'une forme de PURITANISME inversé ; mais bel et bien un PURITANISME aussi puant que le puritanisme de l'abstinence imprégné par l'esprit du péché. Parce que la pornographie ne fait que développer dans l'excès cette vieille imprécation : le sexe c'est sale ! très sale ! et il n'y a pas d'autre possibilité que le faire salement. berk ! berk ! berk !
De forum en forum, à droite comme à gauche, chez les "libéraux" comme chez les "NPAistes, j'ai préché cette évidence, mais je n'ai rencontré que misère intellectuelle et petit esprit libertaire aveuglé par l'égotisme, l'esthétique de pacotille et la masturbomanie...
Par bonheur, un livre sort enfin, d'un auteur autrement plus référencé que moi, et qui vient confirmer mes réflexions :
"La Cité Perverse - Libéralisme et Pornographie" par Dany-Robert Dufour, chez Denoël.
Je me contenterai de citer ici ce qui est dit de ce livre sur le site de la librairie Mollat et en quatrième de couverture :
"Résumé
Selon D.R. Dufour, la prostitution, la pornographie et le principe d'égoïsme radical sont les moteurs du système actuel de vie, qui est, au final, puritain. Il s'appuie sur des exemples tirés de la publicité et du monde politique, l'histoire de la pensée depuis saint Augustin, les penseurs libéraux jusqu'à Lacan pour retracer l'origine et la postérité de la perversion sadienne et du self love.
Quatrième de couverture
La crise, qui n'est pas seulement économique et financière, a mis à nu ces mécanismes pervers qui régissent aujourd'hui le fonctionnement de la Cité. S'il faut s'empresser de les révéler, c'est parce qu'il est fort possible que bientôt, en attendant une nouvelle crise de plus grande ampleur encore, tout redevienne comme avant. Entre-temps, nous aurons mesuré l'ampleur des dégâts. Nous vivons dans un univers qui a fait de l'égoïsme, de l'intérêt personnel, du self love, son principe premier. Ce principe commande désormais tous les comportements, ceux de l'« hyperbourgeoisie » ou des bandes de jeunes délinquants comme ceux des classes intermédiaires. Destructeur de l'être-ensemble et de l'être-soi, il nous conduit à vivre dans une Cité perverse. Pornographie, égotisme, contestation de toute loi, acceptation du darwinisme social, instrumentalisation de l'autre : notre monde est devenu sadien. Il célèbre désormais l'alliance d'Adam Smith et du marquis de Sade. À l'ancien ordre moral qui commandait à chacun de réprimer ses pulsions, s'est substitué un nouvel ordre incitant à les exhiber, quelles qu'en soient les conséquences. Revisitant l'histoire de la pensée, jusqu'à saint Augustin et Pascal, Dany-Robert Dufour éclaire notre parcours. Afin de mieux savoir comment sortir de ce nouveau piège ( a ) moral. "
Voilà. On a laissé les commandes du monde à des enfants sadiques. Prétendus "libéraux", vous trouvez cela très bien parce que vous prenez votre pied en jouant librement dans le bac à sable télé-surveillé et sur-protégé par des milices privées et vous pissez dans le sable parce qu'après vous le déluge... Vous voulez continuer d'y croire parce que gavés de littérature et d'idéologie libertaire, mais vous vous roulez dans votre pisse en vous bouchant le nez.
Vous ne voulez même pas voir que l'ordre ultra-libéral est un ordre fasciste parce qu'artificiel et ségrégationiste (ce qui est tout de même évoqué par le contributeur qui fait ici référence à 1984)...
Et vous ne voulez même pas voir qu'un Homme des siècles passés, un Homme pénétré de morale et de sérénité, vous prendrait tout simplement pour des PAUVRES TYPES.
Et croyez bien qu'il est bien meilleur de partouzer avec des personnes libérées des esthétiques pornographiques et de l'esprit du péché.
Bien à vous
Pense-tu vraiment que la pornographie ne fait du tort qu'à celui qui le regarde?
Nombre de femme se plaignent que leur mari préfèrent regarder des pornos plutôt que de leur faire l'amour. A ces femmes on répond que c'est de leur faute puisqu'elle ne veulent pas pratiquer certains actes.
Du coup la liberté de chacun n'est pas forcément respecté, les femmes font l'effort de faire ce dont elles n'ont pas envie juste par peur de perdre leur mari.
Il y à quelques années j'écoutais Brigitte Lahay à la radio et une jeune fille de 16 ans appelle en disant qu'elle allait bientôt passer le pas de "coucher" avec son copain puisque ca fait déjà 6 mois qu'ils sont ensemble et que monsieur ne veut pas attendre trop longtemps. Elle explique que ce qui lui fait peur c'est qu'elle va être obligée "de le sucer" et qu'elle n'en à as tellement envie.
Elle fini par dire que son copain regarde des films porno avec ses amis, que tous le font à cet âge et que du coup ils veulent faire ce qu'il y à dans les films.
Encore une fois une jeune fille va faire des choses qu'elle n'a pas envie de faire juste par peur d'être quitté.
Et si je fouille loin dans ma mémoire, je me revois gamine avec un père amateur de porno, le porno des années 70/80 rien à voir avec le trash qu'on à maintenant.
Cet homme marié qui à une sexualité somme toute normale avec sa femme décide qu'il à envie de faire des choses et puisqu'elle ne veut pas c'est avec sa fille qu'il va les faires.
Des situations comme celle là il y en a pleins.
Sans parler du N taï qui se cache derrière du dessin animé pour pouvoir diffuser du porno pédophile sans aucun soucis.
Regardez un peu les rayons manga rempli de gosses qui viennent chercher le dernier Naruto et qui tombe sur des scènes de viol de jeunes filles en jupe plissé et chaussettes blanches et poitrine à la Pamela.
Du Dragon Ball ou un viellard de tortue géniale drague une minette qui ne doit pas avoir plus de 14 ans et dont la jupe rase les fesses.
Et puis les affiches de Chobix devant les kioskes à journeaux ou très hypocritement on met une petite croix sur le têton de la fille qui pose en string ficelle, quand on rentre à la maison avec sa gamine de 3 ans et qu'on tombe la dessus on se demande bien pourquoi il n'y à pas de règlementation.
Pour finir l'idée même qu'il y ait une possibilité que sur les 50 films que tu regarde, il y en ait juste un seul ou une jeune femme à été forcé de coucher et de subir des choses contre sa volonté, devrait à elle seule faire interdire la pornographie.
Je précise que ca ne m'empêche pas d'avoir une sexualité épanouie et qu'il est possible d'essayer des choses avec son partenaire en faisant tavailler son imagination sans avoir une sexualité télévisuelle prémaché.
"Pour finir l'idée même qu'il y ait une possibilité que sur les 50 films que tu regarde, il y en ait juste un seul ou une jeune femme à été forcé de coucher et de subir des choses contre sa volonté, devrait à elle seule faire interdire la pornographie."
Eh, oui nous y voilà ! donc selon ce principe il faut interdire les matchs de foot - à cause des possibles victimes parmi les supporters - la religion cattholique - à cause des prêtres pédophiles - les sorties des ados le samedi soir - c'est accidentogène - etc, etc.
Le totalitarisme hygiéniste et sécuritaire montre sa façe hideuse. Le principe de précaution est le dispositif légal qui lui permet de contaminer notre société.
certaines personnes préfère faire semblant den ne pas conprendre...
à court d'argument (et d'idée) le libéral-libertaire de base agite le spectre du "totalitarisme" ... quand il n'est question que de savoir-vivre.
mais il lui semble impossible d'imaginer qu'il est lui même victime d'une forme bien plus destructrice de totalitarisme, celui de l'individualisme sans frein et à tout prix. A vrai dire il ne se voit pas en victime, pour l'instant. Ne désespérons de rien. Il finira bien un jour, par la force des choses, par tomber du côté des faibles et rien ne sera plus là pour l'aider à se défendre.
Le libéralisme "pervers et nuisible sous toutes ses formes".
C'est de qui ? Mélanchon, Martine Aubry, Villepin ?
Non, c'est de Brasillac, un homme qui, à n'en pas douter luttait pour le "savoir-vivre".
Pour bien comprendre Ogien, il faut partir de la tradition libérale utilitariste, qui a des lettres de noblesse tout de même. Bentham avait osé défendre l'homosexualité au XVIIIe dans une publication en vertu du principe que ce qui ne nuit pas ne doit pas être interdit. La production pornographique désigne une activité de fabrication d'images qui renvoie à une gamme très large. Elle commence dès que l'on gribouille un dessin représentant des organes génitaux (je le faisais en cours au collège quand je m'ennuyais, machinalement). Elle englobe les peintures de la villa des Mystères à Pompéï, les jeunes filles de D. Hamilton ou des lycéennes japonaises qui (se/nous) contentent en montrant simplement un bout de leur culotte, des gravures en marge des oeuvres de Sade, des gros plans sado-masos sur des vulves percées de piqures, de la scatologie et de la bestialité. Nous avons des besoins sexuels et des satisfactions scopiques extrêmement diversifiés. La pornographie m'apparaît non comme un appauvrissement du monde mais comme une coloration de la grisaille ordinaire. La diversification des productions permet (en gros) à chacun d'y trouver son bonheur. Les satisfactions sont "sui generis", mais si elles peuvent inspirer les pratiques réelles, qui s'en plaindra ? On peut regretter les stéréotypes de la pornographie commerciale, mais le propre du capitalisme (en dépit de ses nombreux défauts nul ne lui conteste cette qualité) est l'adaptation à la demande. C'est à chacun de trouver sa voie dans ce peuple de papier ou d'électrons, ou alors de faire autre chose. Je n'aime pas les images brutales ou trop régressives, mais demander à les interdire serait préluder à l'interdiction de celles qui me plaisent. La Chine totalitaire condamne à mort les pornographes et le Japon tolérant est l'une des sociétés les moins sanglantes du monde. Je me souviens aussi de la tolérance néerlandaise, de vitrines porno avec toutes sortes de productions visibles, auxquelles les ados blasés n'accordaient pas l'once d'un regard intéressé.
Désolé par ailleurs de rappeler qu'Ogien est, sous son écriture un peu provocatrice et primesautière, qui lui nuit un peu, hautement compétent sur le plan de la philosophie morale, au point qu'il faille une formation assez spécialisée pour comprendre à quel point il peut l'être.
Oui la lutte contre la pornographie est justifiée, mais pour l'instant il n'y a pas vraiment de lutte.
Il ne faut pas interdire la pornographie mais il faut vraiment la contenir dans son ghetto pour l'empêcher de continuer à s'étendre car elle s'insinue partout, a tel point que la moitié des enfants de moins de 11 ans ont déjà vu un film pornographique !
Et alors ? Ils ont perdu la vue ?
Lorsque vous affirmez "les torts causés aux enfants ne sont pas établis de manière fiable.... " vous devriez prendre connaissance des développements en matière de recherche scientifique sur les dépendances et l'action de la consommation répétée de porno sur le cerveau humain. Je vous invite à consulter le site Internet http://www.antiporno.ca et de lire les chapitres qui ont trait à la dépendance et le processus du renforcement du comportement .
La science est quand même une grande chose ! Figurez-vous qu'elle permet d'établir que
« Regarder des films "X" déclenche une poussée d’adrénaline qui est ressentie dans le ventre et dans les organes génitaux, ainsi qu’une sécrétion de testostérone, d’ocytocine, de dopamine et de sérotonine, indique-t-elle. “
C'est la raison pour laquelle il y a des adeptes... de tout ce qui peut faire plaisir !
Le scientifique poursuit, sur le site anti-porno recommandé par l'honorable Michel Morin :
"C’est un véritable cocktail de drogues. La pornographie est un excitant extrêmement puissant, qui provoque flash et euphorie... »
Vous comprendrez bien qu'il faut mettre absolument fin à ce scandale ! Ressentir de l'euphorie ! Mais de quel droit ?
"Selon le Dr. Reisman, le 1er amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression, ne devrait pas couvrir les images et les films pornographiques, car ceux-ci n’affectent pas le centre de la parole..."
Je crois qu'il conviendrait d'être plus radical et que nos politiques devraient enfin prendre les mesures de protection qui s'imposent : mettre hors la loi toutes les stimulations qui ne concernent pas la zone linguistique du cerveau, et même, au nom du principe de précaution, toutes les stimulations qui impliquent l'hémisphère droit.
"... .., mais « une zone cérébrale viscérale, non langagière, située dans l’hémisphère droit » du cerveau. La pornographie conduit au viol, aux meurtres en série, aux mauvais traitements infligés aux enfants et à l’impuissance, estime-t-elle"
Puisqu'on vous le dit, c'est que cela doit être vrai !
". « Chaque fois qu’un homme regarde des images pornographiques, il éprouve de la honte, de la culpabilité et de la colère. Et il compromet sa capacité à réagir de façon normale.."
Ciel ! Et celui qui ne ressent ni honte, ni culpabilité, ni colère...! Ce devrait être toute forme de stimulation cérébrale qui devrait lui être défendue, zone gauche comme zone droite. Dire que de tels gens se promènent en liberté ! Cela fait frémir.
Merci beaucoup, M. Michel Morin, d'avoir conçu pour notre plus grand bonheur un site si hilarant. Mais c'est alors que je m'aperçois que cette hilarité suscite en moi
toutes sortes de modifications glandulaires et me met même dans un état d'euphorie !
Mais que fait donc la police ?
Merci Erasmus,
et sur le même site on peut lire :
"En présence de ceux qui produisent, distribuent et défendent la pornographie, je peux sentir la puissance des ténèbres et la sensation de peur d'un mal imminent."
Brr.