Le nouveau parti anticapitaliste
Par Alcodu le jeudi, 28 aoû 2008, 00:41 - Actualité - Lien permanent

La nouvelle gauche anticapitaliste (NPA) prétend donc fédérer plusieurs mouvances de l'extrême gauche française autour d'une idée simple en apparence, l'anticapitalisme.
Mais qu'est-ce au juste qu'être "anticapitaliste" ? A priori, si les mots ont un sens, cela devrait vouloir dire être opposé à la notion de capital. Ce qui amène à poser la question, qu'est-ce que le capital ?
Pour le commun des mortels, le capital c'est de l'argent. Très largement
influencée par la pensée marxiste, et notamment par la "théorie de la valeur",
pierre angulaire de l'argumentation marxienne sur le capital, l'opinion pense
que le capital ce sont des sommes d'argent qui sont détenues par les
"capitalistes".
Cette vision des choses est fausse car elle confond le capital avec les
instruments financiers et les régimes politiques qui ont permis sa fabuleuse
croissance dans les pays industrialisés à partir du XIXe siècle.
Pour comprendre la vraie nature du capital on peut considérer la situation de
Robinson sur son île.
Parmi tous les biens de Robinson, lesquels sont du capital et lesquels sont des
biens de consommation ?
Sa cabane, son lit, ses vêtements, son garde manger, ses réserves de nourriture
sont des biens de consommation.
Le Capital c'est son arc, sa hache, sa charrue, ses semences, c'est à dire
l'ensemble des biens qui vont lui servir à produire de nouveaux biens de
consommation.
On voit que le Capital, n'a rien à voir avec l'argent, puisque sa définition se
situe en dehors de la notion de monnaie et d'échange.
Pour Robinson, être anticapitaliste cela reviendrait à renoncer au capital que
constituent tous les outils qu'il a fabriqué ou dont il a hérité. Autrement
dit, un Robinson anticapitaliste devrait se nourrir de la cueillette, et
s'abriter dans les refuges offerts par la Nature.
Est-ce vraiment là le projet de société que défend le NPA ? Probablement
pas.
Le problème c'est que cette nouvelle extrême gauche n'a aucun projet
de société cohérent,.en dehors de ses thèmes majeurs bien connus, qui sont :
l'hostilité aux États Unis, à la mondialisation, au libéralisme, à Israël, le
flirt avec l’islamisme, l'amour de la Nature, du terroir et des nationalismes
régionaux.
En résumé la nouvelle extrême gauche est "anti", ça on l'a bien compris, mais
elle n'a strictement rien à proposer, encore moins que le PS (ce qui
n'est pas peu dire).
Loin d'être anticapitalistes, les anciens communistes prônaient un
capitalisme d'État. Opposés au capitalisme de marché, ils
espéraient fonder un monde meilleur par le planisme, c'est à dire par le
recours à une économie dirigée dont les outils (au sens propre et figuré)
seraient aux mains de l'État. Ils allaient également jusqu'à prôner le partage
par la force des biens de consommation (dans un premier temps puisque
rapidement il n'y a plus rien eu à partager).
Contrairement aux communistes, la nouvelle extrême gauche "anticapitaliste"
promet de s'attaquer au capital c'est à dire au fondement même de la création
des richesses. Associée tout à fait logiquement aux écologistes (qui ont
toujours suscité la méfiance des vrais communistes), elle s'oriente vers une
logique de "décroissance", c'est à dire de destruction du capital qui ne peut
qu'entraîner une dégradation des conditions de vie de millions de personnes, et
en particulier des plus faibles. A cet égard la prise de distance de Lutte
Ouvrière, qui se définit comme un véritable parti communiste révolutionnaire,
du grand "n'importe quoi idéologique" du NPA, est tout à fait cohérente.
Si l'entreprise Besancenot réussit, nul doute qu'elle influencera
l'ensemble de la politique économique française qui s'orientera encore un peu
plus, vers la destruction des outils de production des richesses.
Et, comme d'habitude, les conséquences néfastes pour notre pays seront imputées
à la "mondialisation libérale", ce qui permettra aux ultra-étatistes de tous
bords de renforcer leurs pouvoirs et leurs privilèges.
Qu'on se le dise.
Commentaires
Remerçions l'Elysée pour l'officialisation du 1,1% pour financer le RSA et l'API; Besancenot doit être heureux de la politique de Nicolas. Enfin nous allons prélever le capital, ouf nous sommes sauvés, Besancenot le disait, Nicolas l'effectue. Adieu TPE et PME, moi je vais fermer boutique dans peu de temps messieurs, il y en a marre, après le versement transport de 1,8% de la masse salariale pour boucher les trous, nous voilà avec une nouvelle taxe. La Taxomania , toute une institution....Enfin Nicolas aura trouvé son messager des Dieux...
Bonjour Alain
ravis de trouver cette excellente analyse sur le blog de Gauche Libérale.
La question que l'on peut tout de même se poser c'est : "Besancenot est-il vraiment anti-capitaliste, ou veut-il asservir les 'forces du capital' et les faire travailler pour entretenir sa caste à lui, celle des anti-capitalistes". Au quel cas, il s'exposerait lui-même à son tour à un risque de révolution
Je soumets cette question tout hégèlienne, à votre sagacité.
JPO
Effectivement, je suis bien convaincu que Besancenot-Bové cherchent uniquement à profiter du système. Il suffit de lire le pseudo "programme" de la LCR sur leur site. Il s'agit de rançonner le monde à leur profit.
Tu as raison JP, A force de ponctionner la société on finit par provoquer son effondrement. Les "contradictions internes" de leur rapine organisée vont se retourner contre eux !
Kel ama de connerie c ouf!!!!!!!!! je sai pa commen c possible decrire autant de stupidite en si peu de ligne!!!!!
J'ai pas le temp de te faire une reponse construite paske jsui a l'etranger, et que surtout je suis presser par le temps, mais compte sur moi pour le faire des ke jarrive a paris et corriger toutes les inepties que tu raconte!!!!!!!!!
et t censer etre a gauche toi?
pourkoi tu va PA DIRECTEMENT A DROITE c ca ke jcomprend pa en faite!!!!!!!!!!!
Voici le lien de ce post publié sur Agoravox.
http://www.agoravox.fr/article.php3...
185 commentaires à ce jour (!) Impressionnant...
Voir en particulier l'intéressante réponse d'abseby
http://www.agoravox.fr/commentaire_...
et la réponse de GL
http://www.agoravox.fr/commentaire_...
Moi je la trouve pas mal cette analyse.
Je ne suis pas d'accord sur tout, mais elle est assez intéressante.
++
Bonne répartie d'absety
Mais excellente réponse de GL (Gauche Libérale ?).
Reste l'éternelle question (non résolue à ma connaissance) de la propriété des ressources naturelles bien sur.
C'est vrai que ce dernier point ne fait pas consensus chez les libéraux.
La théorie de la première appropriation - défendue bec et ongles par les anarcaps - ne parait pas appropriée aux ressources minières et au monde moderne.
Mois aussi je suis preneur de toute théorie intéressante sur le sujet. Qui a écrit là-dessus ?
Tout le monde à priori :
http://bastiat.org/fr/propriete_fon...
Mais personne n'a trouvé la solution à ma connaissance.
Il y a les géolibertariens (libéraux qui considèrent que l'appropriation des ressources naturelles est une vraie question) qui cherchent mais n'ont pas trouvé :
http://www.wikiberal.org/wiki/index...
Une telle théorie de l'appropriation légitime des ressources naturelles permettrait de réconcilier les communistes (ceux qui le sont pour la question de la propriété des ressources naturelles s'entend) et les libéraux.
La crise qui nous touche tous actuellement n'est pas celle du capitalisme, mais d'une forme d'extremisme qui est celui des théories néo-libérales appliquées à la finance. Ce n'est plus le capitalisme de l'arc et des fléches de robinsson. C'est celui des théoriciens de l'arbre à billets de banques qui produisait de la valeur à partir de rien, même plus la valeur-travail. Et justement, je crois que le gouvernement à compris cela.
Mais là, et c'est typique de l'engagement extremiste des intellectuels et des politiques en France. Au lieu de critiquer un modèle financier mondial. Au lieu de critiquer le fait de subventionner le secteur bancaire à un moment ou toutes les anticipations boursières sont à la baisse, ce qui revient à jeter l'argent public par les fenêtres. On assiste à une critique général du capitalisme. Et elle commence même a critiquer le libéralisme depuis Hobbes, Locke et Voltaire.
Ce qui est grave, c'est que c'est dans un tel contexte politique et social que se créé le "parti anticapitaliste" et que finalement derrière cette appelation qui se veut anti, mais pro quoi ? Sinon un nouveau socialisme totalitaire, on retrouve une vielle pensée etatiste et dirigiste qui était celle des grandes dictatures du XX me siècle !
Ils sont trotskystes ou guevarristes, de tendance socialiste révolutionnaire. Ils affirment depuis 50 ans que toutes les grandes révolutions sociales étaient populaires et socialistes révolutionnaires. Leur modèle reste celui de la révolution d'octobre. Ils ommettent encore et toujours de dire qu' en Russie les premières elections de 1918 ont donné la victoire aux formations populaires social-revolutionnaires et "anti bolcheviques". C'est à dire anarchistes ou socialistes et anti bureaucratiques. Et que Lenine et les bolche -viks se retrouvant minoritaires à l'assemblée, leur gouvernement a créé la Tcheka, une police d'Etat et l'armée rouge pour surveiller un peuple qui ne votait pas comme il le fallait ! Et ce sont justement ces institutions policiéres et totalitaires qui ont permis ensuite, la fin de toute politique sociale libérale comme l'était la Nouvelle Economie Politique et l'arrivé de Staline au pouvoir !
Parti "anticapitaliste", mais marxiste-léniniste qui voudrait une révolution populaire, égalitaire, expropriatrice, mais qui pour rétablir l'ordre et la république n'hésitera pas à utiliser ces vielles recettes pour construire une nouvelle société totalitaire !
Il me semble que pour réaliser un capitalisme social et libéral deux principes sont nécessaire : Tout d'abord populariser l'actionnariat, en se recentrant sur l'activité productrice. Finalement tendre vers le projet d'un Michel rocard qui semble totalement tombé dans l'oubli depuis que le PS s'effondre totalement. Tendre vers une véritable autogestion. Pour cela, il faudrait réformer les syndicats et les liens qu'ils ont construit avec le patronat depuis 60 ans. C'est une sacrée gagure quand dans ce contexte purement technocratique et qui n'est même plus celui d'une démocratie libérale, depuis 20 ans, tout le monde a bénéficié des speculations boursières de la finance et du patronat !
Il n'est pas étonnant qu'on ait jamais trouvé de réponse à la question de la propriéte des ressources naturelles. Quand elle n'est pas celle de l'Etat, elle reste dane une telle technocratie, celle des grands groupes industriels et financiers.
Pourquoi ne pas aller directement à droite ou à gauche ? La gauche modérée n'a plus rien à proposer et la chute du PS, c'est un boulevard pour le parti dit "anticapitaliste" de besancenot. La droite libérale et démocratique n'a plus de force poltiique. La droite, en France c'est l'UMP, Gauliste et technocratique ! Bayrou pourrait réunir des idées sociales libérale, mais tous les médias le font passer pour un clown.
Alors effectivement, j'ai un problème ! Je ne suis pas Gauliste et je n'aime pas cette technocratie. Mais pour autant, je ne suis ni Léniniste, ni idéaliste à la Che Guevarra. Il me faudra alors quitter ce pays ?
Intéressant.
Je ne suis pas d'accord avec le premier paragraphe (sur l'origine de la crise financière que nous libéraux, attribuons d'abord aux excès de règlementation de l'Etat américain, mais vous avez raison, les effets sur l'opinion seront les mêmes. Car la foule est prête à croire que c'est le capitalisme qui est la cause de la crise.
Personnellement il me parait normal que l'Etat américain intervienne pour réparer ses bêtises.
Il en va autrement en Europe et dans le reste du monde où les banques ne sont pas soumises aux lois américaines. La responsabilité des banques européennes est donc plus grande.
Je vous suis sur votre analyse des positions du NPA et de leur crédo révolutionnaire. Vous avez bien raison de rappeler l'histoire.
La réflexion sur l'auto-gestion est intéressante. C'est un vieux thème qui ressurgit régulièrement. Mais attacher le capital au travail pour des raisons morales est à mon avis dangereux. Le capitalisme c'est justement l'idée géniale de découpler la possession des outils de travail (le capital) du travail lui-même.
Tout le monde peut posséder du capital en dehors de son travail. Si on perd son travail on ne perd pas son capital et inversément (sauf cas exceptionnel).
L'artisan du moyen age possédait sa forge ou son atelier et y travaillait. Ce type d'organisation empêche la croissance du capital. C'est en créant un marché du capital, avec des instruments financiers élaborés qu'on est arrivé à le faire croitre de façon extraordinaire. Il faut faire attention à ne pas casser la machine qui nous a permis d'accéder au développement, au nom de dogmes moraux comme celui de la valeur-travail.
Rocard est d'ailleurs celui qui a contribué à séculariser la morale catholique pour l'adapter au socialisme. La morale socialiste actuelle reprend nombre de thèmes de la morale chrétienne et a abandonné toute forme de critique religieuse. Rocard n'est pas étranger à cette mutation du socialisme qui en fait aujourd'hui un mouvement conservateur social-chrétien.
Une des conséquences de cette évolution est la démission socialiste de toute résistance à l'islamisme (à l'exception notoire de Manuel Valls) et son soutien à peine déguisé aux dictatures arabo-musulmannes.
La machine, comme vous dites, est en train sous nos yeux de se casser toute seule. Le principal ennemi du capitalisme est le capitalisme lui-même puisque le capitalisme porte en lui les germes de sa propre destruction.
C'est amusant, mais j'ai comme l'impression que c'est plutôt le socialo-communisme qui porte en lui les germes de sa propre destruction. Tous les régimes communistes l'ont démontré en s'effondrant les uns après les autres. Pauvre Marx, il s'est à peu près trompé sur tout.
Le capitalisme est quand à lui étonnamment vivace et les hommes savent l'adapter aux circonstances. Cela tient au fait que, contrairement au socialisme, le capitalisme n'est pas un système, c'est un ordre spontané.
Difficile à comprendre pour étato-dirigiste.