Pour le commun des mortels, le capital c'est de l'argent. Très largement influencée par la pensée marxiste, et notamment par la "théorie de la valeur", pierre angulaire de l'argumentation marxienne sur le capital, l'opinion pense que le capital ce sont des sommes d'argent qui sont détenues par les "capitalistes".

Cette vision des choses est fausse car elle confond le capital avec les instruments financiers et les régimes politiques qui ont permis sa fabuleuse croissance dans les pays industrialisés à partir du XIXe siècle.

Pour comprendre la vraie nature du capital on peut considérer la situation de Robinson sur son île.
Parmi tous les biens de Robinson, lesquels sont du capital et lesquels sont des biens de consommation ?
Sa cabane, son lit, ses vêtements, son garde manger, ses réserves de nourriture sont des biens de consommation.
Le Capital c'est son arc, sa hache, sa charrue, ses semences, c'est à dire l'ensemble des biens qui vont lui servir à produire de nouveaux biens de consommation.
On voit que le Capital, n'a rien à voir avec l'argent, puisque sa définition se situe en dehors de la notion de monnaie et d'échange.

Pour Robinson, être anticapitaliste cela reviendrait à renoncer au capital que constituent tous les outils qu'il a fabriqué ou dont il a hérité. Autrement dit, un Robinson anticapitaliste devrait se nourrir de la cueillette, et s'abriter dans les refuges offerts par la Nature.

Est-ce vraiment là le projet de société que défend le NPA ?  Probablement pas.
Le problème c'est que cette nouvelle extrême gauche n'a aucun projet de société cohérent,.en dehors de ses thèmes majeurs bien connus, qui sont : l'hostilité aux États Unis, à la mondialisation, au libéralisme, à Israël, le flirt avec l’islamisme, l'amour de la Nature, du terroir et des nationalismes régionaux.
En résumé la nouvelle extrême gauche est "anti", ça on l'a bien compris, mais elle n'a strictement rien à proposer, encore moins que le PS (ce qui n'est pas peu dire).

Loin d'être anticapitalistes, les anciens communistes prônaient un capitalisme d'État. Opposés au capitalisme de marché, ils espéraient fonder un monde meilleur par le planisme, c'est à dire par le recours à une économie dirigée dont les outils (au sens propre et figuré) seraient aux mains de l'État. Ils allaient également jusqu'à prôner le partage par la force des biens de consommation (dans un premier temps puisque rapidement il n'y a plus rien eu à partager).

Contrairement aux communistes, la nouvelle extrême gauche "anticapitaliste" promet de s'attaquer au capital c'est à dire au fondement même de la création des richesses. Associée tout à fait logiquement aux écologistes (qui ont toujours suscité la méfiance des vrais communistes), elle s'oriente vers une logique de "décroissance", c'est à dire de destruction du capital qui ne peut qu'entraîner une dégradation des conditions de vie de millions de personnes, et en particulier des plus faibles. A cet égard la prise de distance de Lutte Ouvrière, qui se définit comme un véritable parti communiste révolutionnaire, du grand "n'importe quoi idéologique" du NPA, est tout à fait cohérente.

Si l'entreprise Besancenot  réussit, nul doute qu'elle influencera l'ensemble de la politique économique française qui s'orientera encore un peu plus, vers la destruction des outils de production des richesses.
Et, comme d'habitude, les conséquences néfastes pour notre pays seront imputées à la "mondialisation libérale", ce qui permettra aux ultra-étatistes de tous bords de renforcer leurs pouvoirs et leurs privilèges.