La droite pour eux, c’est le flicage généralisé, l’autoritarisme, le soupçon du racisme, la concentration des pouvoirs, le mépris des pauvres, les marchés truqués, les intérêts des banques et des magnats de l’industrie contre ceux des jeunes entrepreneurs, des chômeurs et des populations du tiers-monde.

De Madelin, ils ont retenu l’engagement de jeunesse à l’extrême-droite et la surenchère sécuritaire de ses campagnes électorales, pas ses propositions économiques. Ils sont surpris quand on leur dit qu’il fustige le « capitalisme de connivence », qu’il est anti-prohibitionniste au nom d’un « libéralisme cohérent » ou qu’il a déclaré « si j’étais plus jeune je créerais un parti libéral de gauche ».

Voilà pourquoi nos bobos ont massivement voté pour François Bayrou aux dernières présidentielles, quand ils n’ont pas choisi Besancenot parce qu’il était le seul à se prononcer pour la légalisation du cannabis ou pour défendre les droits fondamentaux des sans-papiers ou des prisonniers.

Aujourd’hui je m’oppose à ceux qui veulent lisser le discours d’Alternative Libérale et mettre de côté tout ce qui a fait notre originalité, donc notre force, de la défense des droits civiques au revenu de liberté, en passant par le fédéralisme européen. Quelques-uns, qui trouvent de Villiers parfaitement fréquentable, voudraient même revenir sur le droit des femmes à disposer de leurs ventres.

La liste « Gauche Libérale » ne remet pas en cause le programme et le positionnement d’Alternative Libérale. Au contraire, je pense qu’elle est le garant de sa continuité et la meilleure façon d’endiguer toute dérive droitière ou passéiste dans les prochains mois.

Au modèle DL, elle oppose celui du FDP allemand ou du D66 hollandais, qui ont su faire des libertés individuelles et de la défense des principes démocratiques le socle d’un mouvement pérenne. A la référence madeliniste, elle oppose l’héritage de Bastiat, de Montesquieu et même de Hayek qui s’étonnait en son temps de voir le camp progressiste rejoindre les conservateurs, dont il n’attendait rien, dans l’antilibéralisme.

Sachant que la liste ne compte que huit candidats, voter pour la Gauche Libérale au Conseil National, c’est tout simplement garantir l’équilibre des sensibilités dans le parti et le maintien d’une ligne authentique, défiant autant la droite conservatrice et pseudo-réformatrice que la gauche socialiste.

Je ne souhaite pas qu’Alternative Libérale s’appelle demain Gauche Libérale, et je ne défendrai pas plus un accord avec le Parti Socialiste qu’avec l’UMP. Je souhaite seulement que notre mouvement ne perde pas son âme et que nous arrivions à poser les bases dans notre pays d’un renouveau libéral, libertaire et démocratique, que redoute plus que tout la droite au pouvoir.

Si je suis élu au Bureau sur la liste d’unité des Libéraux Authentiques, je plaiderai inlassablement dans ce sens, aux côtés d’Edouard, comme je l’ai fait depuis le premier jour de mon engagement.

Et si d’aventure la liste menée par Saïd créait la surprise en remportant l’élection au Bureau, je ne doute pas qu’elle saura rassembler largement autour d’elle toutes les sensibilités au sein d’AL qui se réclament d’un libéralisme authentique et indépendant, ni socialiste, ni conservateur.

Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

David Poryngier