Disons-le d'emblée, notre liste ne cherche pas à promouvoir une quelconque "social-démocratie". Nous sommes des libéraux et nous le resterons. La gauche libérale n'est pas un libéralisme par défaut (Canto-Sperber,Valls etc.) qui voyant se décomposer l'idéologie socialiste dans l'opinion se replie sur le libéralisme pour le phagocyter. Le libéralisme n'est pas là pour sauver le socialisme.

La motion Gauche Libérale a en revanche plusieurs objectifs :

- "Dédroitiser" le courant de pensée libéral en lui faisant retrouver son positionnement originel.

- Rendre possible un recrutement de nouveaux militants venant de l'actuelle gauche, c'est à dire rappelons-le, de 50% de l'électorat.

- Promouvoir une alliance entre libéraux et démocrates et dénoncer l'alliance contre nature entre libéraux et conservateurs.

- Nous positionner sur plusieurs points du programme d'AL que par ailleurs nous approuvons dans ses grandes lignes.

La plupart des libéraux ont beau affirmer que le libéralisme n'est ni de gauche ni de droite, il reste que le mouvement libéral a une forte connotation de droite dans l'opinion. Ce positionnement est une aberration historique et idéologique. Historique puisque le terme de gauche provient de l'aile du château de Versailles occupée par les premiers libéraux dotés d'un pouvoir : les physiocrates. Idéologique, puisque la philosophie libérale est en opposition frontale avec celle des conservateurs sur tous les sujets : l'individu, la connaissance, le social, les lois, le progrès.

Que les usurpateurs socialistes aient réussit au fil du temps à déloger les libéraux de la gauche ne nous fera pas renoncer à quitter le ghetto dans lequel ils veulent nous confiner !

Nous sommes convaincus que le réservoir de voix ou d'adhérents potentiels est au moins aussi important dans l'électorat "de gauche" que dans celui "de droite". Il existe donc un potentiel de croissance inexploité pour notre parti. La méfiance vis à vis de l'Etat dirigiste et répressif est facile à éveiller à gauche. Reste à combattre l'Etat-providence, cet État planiste qui par le jeu de la spoliation légale frappe et leurre avant tout les plus pauvres. Une motion Gauche Libérale forte au sein d'AL facilitera le recrutement de tous ces libéraux qui s'ignorent et qui n'attendent qu'une occasion pour s'intéresser à notre mouvement.

Gauche Libérale souhaite qu'AL se distingue clairement des "réformateurs" UMP qui n'ont à ses yeux aucune légitimité libérale. La voie de l'alliance ou la simple proximité affichée avec des conservateurs réformistes ne peut que saper la crédibilité du mouvement libéral. L'impasse politique à laquelle a aboutit feu Démocratie Libérale doit nous servir de leçon.

Nous souhaitons prendre exemple sur nos voisins libéraux et notamment le FDP allemand pour apparaître comme une troisième dimension de la vie politique, capable de trouver des alliances au centre, à droite ou à gauche suivant les circonstances.

Bien entendu nous ne négligeons pas le travail à accomplir. Nous avons conscience de la diversité des situations nationales et notamment du retard idéologique de la gauche française qui rend actuellement toute alliance improbable voire impossible, sauf au plan local.

La Gauche Libérale est foncièrement antiprogramme car un "programme politique" consiste à substituer une volonté oligarchique à celle de l'individu au nom de grand principes holistes (Nation, intérêt collectif, communauté, etc.). N'étant pas des "réformateurs", les "réformes" que nous proposons se bornent à garantir les libertés : enseignement, association, expression, assurance, solidarité, échange, etc.

Toutefois nous nous engageons à défendre les grands axes du programme actuel d'Alternative Libérale avec quelques nuances et en insistant sur certains points.

Face à la société du contrôle construite par les conservateurs et les socialistes nous proposons la société de la confiance.

En France, en Europe et dans le monde, partout nous défendrons la démocratie comme le système le mieux à même de garantir la liberté individuelle, surtout lorsque cette démocratie est associée à un principe de subsidiarité partant de l'individu.

Nous défendrons le mutualisme contre le collectivisme. Nous puiserons dans l'héritage mutualiste, soutenu dès le XIXème siècle par les libéraux, pour mettre en avant la solidarité choisie et engagée contre le "tout-social" de l'Etat-providence.

En tant que relais politique de la société civile, nous entendons défendre les associations non pas à coup de subventions mais en libéralisant leur régime afin qu’elles soient enfin autonomes à l’égard du pouvoir politique et que, revenant à l’essence libérale de la loi de 1901, elles deviennent le premier vecteur de la réforme sociétale.

La laïcité que nous défendons n'est pas seulement la coexistence pacifique entre toutes les confessions présentes en France. C'est une laïcité active qui affirme la prééminence du pouvoir séculier sur les pouvoirs religieux, qui garantit la liberté des athées et des agnostiques sans sacrifier au culte de l'Etat, qui considère d'un oeil neutre toutes les religions et garantit leur libre pratique.

Conclusion

Chers libéraux, membres d'AL, il n'est pas besoin d'être "de gauche" au sens actuel de ce terme ni même d'en être issu pour voter pour notre liste. Certains de nos colistiers viennent de "droite", d'autres viennent de "gauche", mais tous, nous nous reconnaissons dans les valeurs fondatrices du libéralisme : abolition des privilèges, propriété individuelle commençant par celle du corps, libre disposition de ses facultés, refus du néo-colonialisme et paix obtenue par le libre échange des services et des biens.

En votant Gauche Libérale aux élections internes d'AL vous contribuerez à replacer notre jeune parti à sa juste place sur l'échiquier politique. Vous susciterez l'étonnement et l'interrogation de ceux qui croient encore que le libéralisme c'est la droite de la droite, vous faciliterez le recrutement de nouveaux militants venant de tous les horizons. Vous contribuerez à l'émergence d'un libéralisme moderne, décomplexé, capable de se réapproprier son positionnement à gauche et d'en chasser le coucou socialiste.

Loin d'affaiblir le parti en le divisant vous l'enrichirez d'une composante capable d'interpeller les médias, capable de faire douter ceux-là mêmes qui pensaient avoir réglé son compte au libéralisme en le dissolvant dans la mouvance néo-conservatrice.

Le 28 octobre votez Gauche Libérale.

Cette motion est l'œuvre du collectif : "gauche libérale"