Alternative Libérale, la fin du ghetto pour les libéraux.
Par Alcodu le samedi, 19 mai 2007, 00:52 - Ligne politique
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La récente prise de position d'Alternative Libérale en faveur de
François Bayrou pour le premier tour de l'élection présidentielle et le
déchaînement de passions qui s'en est ensuivi de la part de certains libéraux
appelle quelques réflexions.
Rappelons les faits : Alternative Libérale n'a pu recueillir les
cinq cents signatures nécessaires pour présenter son candidat à l'élection
présidentielle de 2007. Suite à cela le parti, par la voie de son président et
après décision du comité de direction, a décidé de soutenir François Bayrou au
premier tour.
Cette décision a surpris et même faché certains libéraux (dont curieusement
beaucoup situés en dehors du parti) qui estimaient que Nicolas Sarkozy était
incontestablement le candidat le plus représentatif des libéraux.
Comment expliquer la violence de ces réactions ? Pourquoi, alors qu'une
grande majorité de libéraux s'accordait à trouver Bayrou et Sarkozy bien peu
libéraux, aurait-il fallu forcément choisir le second ?
La réponse à cette question est très simple :
Parce que Sarkozy est le plus à droite.
Il y aurait donc une "évidence" quand on est
libéral, à choisir le candidat le plus à droite même si celui-ci prononce des
discours nationalistes enflammés, même s'il défend l'interventionnisme
économique, la discrimination positive, les "Droits à" et la société du
contrôle.
Le but de cet article est de démontrer que
cette soi-disant "évidence" ne se justifie ni historiquement ni
idéologiquement, ni stratégiquement.
Tout d'abord un bref rappel historique. Avant
l'établissement du bloc communiste les libéraux n'étaient pas classés "à
droite" et n'étaient pas considérés comme des conservateurs. Au moment du
renouveau et de la seconde vague du libéralisme intervenue hors de France de
1920 à 1970, les grands auteurs libéraux se partageaient entre plusieurs
sensibilités, toutes opposées aux totalitarismes, de quelques bords qu'ils
soient.
Le destin du nazisme ayant été rapidement scellé, c'est au communisme que se
sont naturellement attaqués les libéraux ce qui a pu leur donner une
connotation "de droite", aussitôt amplifiée par leurs adversaires
collectivistes.
On voit donc, tout au long de l'histoire, que
le positionnement des libéraux sur l'axe gauche-droite leur est
principalement attribué par leurs adversaires. Lorsque les ennemis des
libertés sont représentés par l'ancien régime, les libéraux sont classés à
gauche, lorsque leurs ennemis sont composés de socialo-communistes ils sont
étiquetés à droite.
Or la France connait depuis de nombreuses
années une situation politique tout à fait exceptionnelle en Europe et parmi
les pays développés. C'est en effet le seul pays où l'influence collectiviste a
perduré bien après les premiers signes avant-coureurs de la faillitte
économique et morale du communisme. Alors que tous les partis de gauche
européens évoluaient, le parti communiste français demeurait immuable et le
parti socialiste tournait le dos à la social-démocratie. De surcroit le
Gaullisme chiraquien étendait à droite la sphère d'influence de
l'alter-mondialisme et du dirigisme économique.
Dans ce contexte d'un paysage politique où
même la droite maniait le clientélisme social et augmentait de façon
ininterrompue les dépenses et le train de vie de l'Etat, les libéraux se sont
vus attribuer un positionnement de "droite de la droite" par leurs
adversaires.
Or les libéraux ne sont pas et n'ont jamais
été la droite de la droite. Ce faux positionnement leur a été attribué par
leurs adversaires marxistes et alter-mondialistes, tellement viscéralement
opposés au libéralisme qu'ils ne peuvent se le représenter que comme une des
composantes de la droite extrême.
Que des pseudo-libéraux conservateurs se
soient reconnus et installés dans le ghetto politique imposé par la gauche
marxiste et par le lobby alter-mondialiste ne légitime en rien cette erreur
historique. Disons-le tout net, ce n'est pas aux adversaires du libéralisme de
définir le libéralisme.
Ce ne sont pas Bové, Besancenot, Mamère,
Christine Autain et Jacques Chirac qui doivent décider du contenu d'un
programme libéral.
Cette affirmation peut paraître évidente, et
pourtant, au cours de ces dernières années et avant la naissance d'Alternative
Libérale, c'est bien la vision du libéralisme imaginée par l'extrême gauche qui
prévalait dans les média sans qu'aucune voix contradictoire ne se fasse
entendre. L'invention des termes néo et ultra libéralisme par l'extrême gauche,
largement reprise par les média, en est un exemple saisissant.
Dans ce contexte la décision d'Alternative
Libérale n'est pas seulement saine, elle est salutaire. Pour la première fois
depuis fort longtemps ce n'est plus l'extrême gauche qui définit le programme
libéral. Pour la première fois il y a un vrai programme libéral, et il n'est ni
de droite ni de gauche comme l'annoncait d'ailleurs fort clairement le
manifeste du parti à sa création.
Enfin stratégiquement, sur le plan du strict
calcul politicien y a t-il eu erreur d'Alternative Libérale ?
La droite de l'UMP, les "réformateurs" est
aujourd'hui subjuguée par son nouveau leader charismatique. Il sera très
difficile de l'enroler dans une opposition, même libérale. La gauche de l'UMP,
gaullistes et Dupont-Aignantistes sont très anti-libéraux. Rien à attendre
d'eux.
En revanche le centre et la droite du parti
socialiste sont un terrain de chasse largement ouvert pour les idées libérales.
Autant la position "droite de la droite" servait de repoussoir à toutes les
bonnes volontés libérales issues du centre, autant la position prise par AL va
favoriser l'approche et le recrutement de ces nouveaux militants centristes
sans la moindre concession sur l'éthique libérale.
Sur les trois critères, historique,
idéologique et stratégique, la décision d' AL est donc parfaitement
justifiée.
Commentaires
Je suis tout a fais d'accord avec tout votre article, la confusion qu'a été faite entre conservateur et liberaux nous a beaucoup porté tor ...
Par exemple Quand je dit aujourd'hui a certain de mes amis de gauche que AL est pour la legalisation du cannabis ils n'en reviennent pas et ne me croient souvent pas telement ils sont intoxiqués par le liberaux = ultra concervateurs ...
Donc al a bien fait de soutenir bayrou ... surtout avec notre droite jacobinne
Excellent, d'ailleurs j'ai des articles qui ressemble de beaucoup à ce texte, autant sur mon blog que dans notre forum !! je vais prendre cet article sur mon blog, il complètera aussi bien ma vision , stratégie, commentaires
bonne contination Gauche Libérale, le terme de Gauche ne me convient guére, question de clivage, non pas parceque Gauche; je suppose que cela est exprès
librement
Alan de BX
Je crois vraiment que Sarkozy est plus "libéral" que ne l'est Bayrou ( si l'on comprend ce qu'est vraiment Bayrou)....au moins sur le plan économique et social. Seul sarkozy manifestait vraiment la volonté de faire appel à la responsabilité et de favoriser les initiatives....Son projet sera mis en oeuvre et je crois que c'est une chance.
Marc, voilà ce que j'écrivais en mars :
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François Bayrou n'est certes pas un vrai libéral.
- Son projet est loin d'être clair.
- Comme les autres "grands" candidats, il n'a jamais mis les pieds dans une entreprise.
- Son soutien au pathétique député Lassalle, membre de son parti, a frisé le grotesque.
- Son projet phare de deux emplois sans charge est un "patch" inefficace et coûteux.
- Et surtout, surtout, il fait partie de cette classe politique qui prétend gouverner au nom de La Morale, la sienne bien sûr, celle d'un bon catholique pratiquant un brin paternaliste. Une morale qui, mise en application, va tous nous tirer du pétrin... Or ce n'est pas une morale, de gauche, de droite ou du centre qui résoudra les problèmes de la France. Ce sont au contraire les décisions courageuses, les mesures victorieuses, celles qui réussiront à redresser la situation de notre pays qui deviendront "morales".
Mais :
- Il propose de réformer les institutions et d'introduire la proportionnelle.
- Il est celui qui dépense le moins et qui lance à ses adversaires : "Arrêtez les promesses dont nous n'avons pas le premier sous !"
- Son parti l'UDF appartient au groupe parlementaire européen : Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe
- Et surtout, surtout, il est au centre, ce qui permet à AL de casser l'image "droite de la droite" du libéralisme français. Cette image totalement contre-productive éloigne de nous nombre de libéraux qui s'ignorent. Il est facile de dire que le libéralisme n'est ni à droite ni à gauche. En attendant, la droite et la gauche ça existe et le public, c'est à dire les électeurs, veulent un positionnement clair.
- Enfin j'ai plus confiance en un agrégé de lettres classiques qu'en un Sciences Po ou un énarque pour gouverner la France... allez comprendre.
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J'ai voté Sarko au second tour, je lui souhaite bonne chance et je souhaite sincèrement qu'il réussisse sur le plan économique.
Sur le plan des libertés individuelles, des "moeurs", de la conception de la nation et de l'Etat, j'ai peu d'espoir sur la vision "libérale" de Sarkozy. Mais... attendons et espérons.
une petite remarque : le terme "néolibéral" n'a pas été inventé par les ennemis du libéralisme, si j'en crois Wikipédia.
Concernant Sarkozy, il y a du bon :
- contrat de travail unique
- défiscalisation des heures supplémentaires
- libéralisation de l'E.N.
-Kouchner aux affaires étrangères
et du mauvais :
- défense de la PAC et de l'UE
- discours très protectionniste
- suppression des golden parachutes
- son bilan en tant que ministre de l'intérieur (inflation du budget sans vrais résultats, radars partout...) et ministre du budget (augmentation du déficit)
S'il met en oeuvre une dose homéopatique de libéralisme économique et qu'il échoue à faire baisser le chômage, il y aura certainement des problèmes pour nous.
Bonjour Alain,
Il me semble que tu caricatures ici ceux qui ont dit que Sarkozy était le moins mauvais choix.
Qu'Edouard Fillias, toi ou d'autres pensiez que Bayrou était le moins mauvais choix aucun problème. C'est votre droit.
Mais qu'EF & Co disent ensuite qu'Alternative Libérale soutient Bayrou (sans même avoir consulté les adhérents), pire que les libéraux en général soutiennent Bayrou, c'est pour le moins gonflé (et pas libéral du tout pour le coup).
Voilà ce qui a valu à EF & Co une volée de bois vert.
Je ne suis pas de droite, pas UMP, pas sarkozyste. J'ai juste trouvé que Sarkozy était le moins pire au premier tour, et même, qu'il n'était peut-être finalement pas si mauvais au second. C'est mon droit.
Et tant pis si pour cela certains me disent que je suis un ultraconservateur de droite, que je n'ai rien compris au libéralisme, etc...
Rejoindre le parti de M. Lassalle et faire le coup aux libéraux de préférer, dans une certaine mesure, de voter Sarkozy est une véritable blague. On a bien vu où penchait Bayrou au second tour, prêt à voter pour le socialisme destructeur de Ségolhaine. On aurait donc du choisir cette dernière au second tour ? Du grand délire, AL qui voulait paraître cool, gentil et progressiste a fini par tourner au ridicule le plus complet. Rien à voir avec la droite et la gauche cette histoire, juste une affaire de cohérence. AL s'est monnayé dès le 1er tour , lamentable !
Les libéraux auraient pu voter Blanc au 1er Tour! Quitte à voter pour le moins pire...
Mouais.
Je ne suis pas convaincu par vos arguments.
Le cannabis, c'est libéral, on est d'accord.
Mais le problème en France, ce n'est pas ça !
Bayrou a défendu des idées (quand il y en avait) très social-démocrates.
Un exemple:
Sarkozy, tout enflammé qu'il soit sur l'immigration, a compris qu'il faut que l'Etat soit moins vorace.
Alors il rend l'argent à ceux à qui il appartient (il prélève moins d'impôts avec sa déduction des intérêts d'emprun)
Il souhaite enfin bloquer la dépense publique en utilisant les départs à la retraite.
Il est encore loin du compte, mais ses propositions vont dans le bon sens.
Espérons seulement qu'il ne se casse pas les dents sur les "droits à", sur la PAC, et sur ses tendances protectionistes / interventionnistes
Le libéralisme n'est ni à gauche ni à droite, il EST, c'est tout.
Caricaturons:
Dans les 2 cas, c'est l'individu qui est broyé.
Le libéralisme défend:
Ainsi, au sujet des droits individuels, le libéral rejoint la gauche.
Au sujet de la liberté, il rejoint la droite.
Il se distingue des 2 par le rappel constant à la responsabilité.
Je crois qu'en fait ceux qui pensent avoir un espace du MoDem à la droite du PS se fourvoient. On a là des socio-démocrates à la Prodi, élevés au petit lait de la subvention, de la "redistribution fiscale", et du contrôle étatique au nom d'un chimérique "l'Etat efficace".
Extraits du "discours à Cormeilles-en-Parisis" du 6 mars 2007. A n'en pas douter une date importante dans l'histoire du libéralisme !
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On disait les Français devenus frileux, ...
On disait qu’ils avaient cessé de croire dans l’Etat, dans la Nation, dans la République.
On disait que désormais c’était chacun pour soi, que la France c’était fini, que l’idée d’un destin commun c’était fini, que la solidarité nationale c’était fini, que le projet collectif auquel chacun est partie prenante c’était fini.
...
La France est une idée, la France est un idéal, la France est une espérance, la France est une foi.
...
La France, elle n’aurait jamais existé sans l’Etat.
...
L’unité de la France c’est l’Etat capétien qui l’a voulue pendant huit siècles. C’est l’Etat républicain qui l’a voulue à son tour pendant deux cents ans. Le grand rêve unitaire des Rois c’est la République qui l’a accompli.
...
L’Etat c’est ce qui est stable au milieu de ce qui ne l’est pas. C’est l’ordre et c’est aussi le mouvement.
...
L’Etat c’est la seule force opposable aux marchés.
...
C’est ce par quoi la destinée commune devient une réalité concrète.
...
C’est le contrepoids à la seule loi du profit.
C’est la seule digue contre les dérives d'une économie de prédateurs, de spéculateurs, de fraudeurs.
...
Je ne crois pas à la doctrine de l’Etat minimum. Je ne crois pas à la doctrine du laissez-faire. Je ne crois pas qu’en France l’Etat puisse être réduit à un rôle secondaire. Je ne crois pas que la nation puisse conserver son unité avec un Etat faible.
...
Ils nous faut reconstruire un Etat qui protège pour conjurer l’angoisse qui paralyse tant de français.
...
A quoi sert la politique si on ne peut rien faire sur rien ? A quoi sert la politique si la seule loi qui s’impose est celle de la rentabilité à court terme ? A quoi sert la politique si elle se contente d’accompagner une sorte de sélection naturelle qui fait triompher le fort et anéantit le faible, si elle ne donne pas sa chance à chacun ?
...
Si notre économie, si nos emplois, si nos entreprises, si notre technologie restent à la merci des prédateurs du monde entier alors la situation deviendra vite insupportable.
...
L’Europe est la seule région du monde où les lois de la concurrence livrent les entreprises aux prédateurs du monde entier parce qu’elles les empêchent de fusionner et parce qu’elles interdisent aux Etats de les aider. Même aux Etats-Unis l’Etat a plus de marges de manœuvre pour intervenir dans l’économie que n’en ont les Etats européens.
...
Je n’accepte pas l’idée que l’Etat ne peut plus rien faire. Je n’accepte pas l’idée d’un Etat qui s’excuse de vouloir agir.
Ensemble, nous referons l’Etat.
Ensemble nous rendrons à l’Etat sa dignité, son autorité, sa volonté.
Ensemble nous referons la République.
Ensemble nous rendrons à la République son unité.
Ensemble nous referons la France.
Ensemble nous rendrons à la France sa grandeur.
Vive la République !
Vive la France !
Nicolas Sarkozy
La question :
C'est pourquoi AL a voulu soutenir un candidat non libéral alors que personne ne lui demandait rien, surtout pas les libéraux et encore moins ses militants ?
Les réactions violentes comme tu dis ont été à 90% du à un soutien tout court, pas à l'absence d'un soutien à Sarko.
Le libéralisme n'est ni de droite, ni de gauche ni du centre. Vouloir positionner à tout prix le libéralisme sur cette axe est bizarre, le positionner de force au centre juste pour faire mentir ses pires ennemis est bien la preuve qu'une fois encore ce sont ses pires ennemis qui décident.
Arrêtons ces querelles de droite/gauche/centre, nous avons une grille de lecture idéologique assez claire pour nous éviter ces polémiques.
Tout à fait d'accord avec Daniel T