La plus médiatique des organisations patronales a récemment du céder le devant de la scène à un mouvement spontané, les pigeons, supposé émaner de jeunes entrepreneurs.
Sans qu'elles soient parfaitement exprimées dans leur dimension philosophique, les motivations des pigeons sont claires : il s'agit de revendiquer pour soi-même un principe de créativité et de risque, il s'agit de refuser les mesures visant à brider l'innovation, l'inventivité, l'intrépidité, l'audace, la témérité. Le meilleur moyen de tuer ces valeurs déjà officiellement bannies de notre pays par le "principe de précaution" c'est d'empêcher leur juste rémunération. Le mouvement des pigeons est donc une réaction spontanée face à des mesures législatives qui, bien au delà des entrepreneurs, ont été ressenties par un large public comme des menaces pour l'accomplissement personnel et la liberté individuelle.

Face à cette fronde, la réaction tardive du Medef et des organisations patronales traditionnelles pose la question de leur rôle dans notre société. Les patrons, avec leur communiqué "état d'urgence entrepreneurial" et l'UMP en embuscade, sont-ils sur la même longueur d'onde que les pigeons ? Sur quels fondements repose l'action du Medef et plus généralement des organisations patronales ?