
La "justice sociale" c'est l'idée que les hommes de l'Etat doivent réparer des
"injustices" qui naissent spontanément dans la société. Initialement employée
par la gauche socialiste, la formule a été largement reprise puis adoptée par
la droite néo-gaulliste. Ce mantra dirigiste suggère que la réglementation
étatique est plus juste que la régulation qui naît de l'offre, de la demande et
de la concurrence.
Les étatistes pourraient, de façon plus neutre, utiliser les termes
d'ingénierie sociale ou même de redistribution sociale pour
décrire leur action mais ils préfèrent se présenter comme des "justiciers"
redresseurs de tort. On comprend bien l'intérêt qu'ils en retirent.
Le mot justice suppose qu'il y a des victimes et des
coupables dans la société. Le concept de "justice sociale" implique
donc que les hauts revenus et la réussite sont une forme de criminalité.
Autrement dit si les services ou les produits que vous proposez deviennent très
appréciés du public, vous serez poursuivi par les "justiciers sociaux".
Inutile de s'appesantir sur cette expression ; sauf à adhérer à la vieille
théorie de la survaleur marxiste, la "justice sociale" est une véritable
horreur idéologique.
Et pourtant, l'idée qu'il faut définitivement abandonner le concept de "justice
sociale" suscite incompréhension et réticence jusque dans le camp des
libéraux.
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Le basculement du sénat à gauche vient
définitivement d'enterrer la règle d'or voulue par Nicolas Sarkozy. Ce
dispositif, adopté dans plusieurs pays européens, mérite pourtant un
décryptage.
