L'Allocation Universelle est
recommandée par des socialistes et par des libéraux. Comment une même
mesure peut-elle naître au sein de philosophies politiques qui s'affrontent
depuis deux cents ans.? Que cache cette apparente unicité de vue ? Où
sont les divergences de fondement et de fonctionnement entre l'allocation
universelle libérale et la socialiste ?
Rappelons tout d'abord que l'AU est rejetée par certains libéraux et acceptée par d'autres. Nous avons déjà répondu à l'argument libéral (libertarien) qui consiste à rejeter l'AU par principe dans le premier article paru sur le sujet: L'allocation universelle peut-elle être libérale ? Nous en avons conclu qu'on ne peut pas raisonnablement rejeter l'AU par principe mais que l'on peut tout à fait la juger nocive, inopérante en un mot critiquer ses bénéfices supposés. Dans L'allocation universelle libérale nous avons donné une définition grand public des mécanismes de son fonctionnement. Nous allons ici distinguer l'AU libérale de son homonyme socialiste puis répondre à certains reproches que l'on peut lui faire du point de vue libéral.
Tous les analystes
économiques et politiques le disent, les marchés ont besoin, pour retrouver
confiance, non pas de recettes techniques de réduction des dépenses ou
d'augmentation des impôts, mais d'une vraie vision à long terme de
l'organisation des finances publiques. Au delà des rustines financières et des
grandes déclarations rassurantes, ce n'est rien moins qu'une autre
méthode de fonctionnement de notre sociale-démocratie qu'il faut
envisager. Le mécanisme de l'Allocation universelle, s'il est accompagné de
réformes institutionnelles, fournit une réponse intéressante car il permet de
faire sortir le social du champ politique. Il s'agit de rendre l'aide
sociale aussi indépendante du gouvernement que la justice ou la monnaie
devraient l'être.
Le discours politique actuel, tel
qu'il émane des partis ou des médias, utilise les termes "Droits de l'Homme" en
agrégeant dans un même concept les Droits de l'Homme de 1789 et les Droits de
l'Homme de 1948. Pour le spectateur politique contemporain, peu averti de
l'histoire des idées, la déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948
apparait comme une amélioration et un enrichissement de celle de 1789. On
pense généralement que des idées communes y sont exposées de façon plus
détaillée et réparties dans des articles plus nombreux. Aux yeux du public il
s'agit donc de la même déclaration, rendue "universelle" par l'engagement des
grandes puissances, tel qu'il figure dans son préambule, "d'en assurer, par
des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance
et l'application universelles et effectives".

