Ces deux mots, ont toujours autant de
succès parmi les dirigeants de la gauche. Jean Luc Mélenchon, Ségolène Royale,
Martine Aubry et même Bertrand Delanoë les invoquent, tel un mantra mille fois
répété. Ils sont ainsi cités quatorze fois dans le dernier livre de Bertrand
Delanoë, Leur emploi abondant n'a d'ailleurs pas pu empêcher la
déconvenue du maire de Paris aux élections internes du PS. L'infortuné avait eu
la malchance de se revendiquer du libéralisme (politique) juste avant la crise.
Les quatorze citations de la "justice sociale" n'ont donc pas réussi à
compenser sa malheureuse évocation du libéralisme.
Mais qu'est-ce que cette justice sociale dont se gargarisent tous les
dirigeants de la gauche rose verte et rouge et qui plaît tant à leurs électeurs
?
Intéressante conférence de la
fondation pour l'innovation politique intitulée : Pourquoi
n'y-a-t-il pas de libéralisme de gauche en France ?
Intervention de Marc LAZAR, professeur des universités en histoire et
sociologie politique à Sciences Po et à la Luiss de Rome.
J'émettrais un bémol sur le passage (premier quart) ou le conférencier décrit
le "regain important du libéralisme dans sa dimension économique" tel qu'il fut
perçu par la gauche française.
Sachant qu'un libéralisme purement économique ne peut exister que dans l'esprit
des adversaires du libéralisme, l'analyse de Marc Lazar me parait beaucoup trop
rationaliser ce "néo-libéralisme" qui est, il faut le rappeler, une pure
invention de la gauche. Marc Lazar en essayant de nous faire comprendre le
ressenti de la gauche française par rapport à un supposé "néo libéralisme
objectif" fait involontairement apparaître les contradictions de cette
position. Qu'est-ce en effet que ce libéralisme qui "essaye d'imposer des choix
par le haut et de manière opaque" ? On n'a jamais vu ça dans aucune
théorie ou philosophie libérale. Enfin tenter d'expliquer le fantasme du
néo-libéralisme par un autre fantasme: l'ultra-libéralisme, est un peu limite,
même si le conférencier est censé exprimer le point de vue de la vieille gauche
dirigiste. Non, il faut bien l'admettre, la gauche française s'est inventée un
ennemi. La technique n'est pas nouvelle.
En revanche la conclusion de Marc Lazar est assez brillante : "Ce n'est
plus la gauche que se sert du personnel du public, c'est une partie du
personnel du public qui se sert de la gauche". Autrement dit la gauche est
devenue l'otage de sa cible privilégiée, les fonctionnaires, qui l'empêche
d'évoluer. Très bonne analyse !
GL suit Manuel Valls depuis déjà quelque
temps.
Après le ralliement de Jean-Marie Bockel au gouvernement et la disparition,
avec son dirigeant, de la mouvance des socialistes libéraux, voici un nouvel
espoir de renouveau de la gauche française.
En rupture avec la direction du parti, Manuel Valls prône une refondation
complète du PS, incluant un changement d'objectifs, de dénomination et
l'abandon du mot socialiste.
On peut trouver dans son discours du théâtre Michel et dans son dernier
livre quelques sujets d'inquiétude et quelques sujets
d'espoir...