Les constructivistes sont ceux
qui pensent que l'Homme et la société se modèlent à volonté au moyen du droit
positif. Il s'agit pour eux de fabriquer un monde meilleur comme on
fabriquerait un immeuble. Les briques de ce bâtiment ce sont les lois, le
ciment c'est l'appareil administratif de l'État . Dans cette vision naïve,
presque infantile de la société il suffit de décréter un salaire minimum, pour
augmenter le niveau de vie, de promulguer un droit au logement pour que tout le
monde dispose d'un toit et il suffit d'interdire les licenciements pour que le
chômage diminue.
Les lois mémorielles font partie de cet édifice de plus en plus brinquebalant. Après avoir réglementé le niveau de vie, le travail, la santé, le logement, la monnaie, le climat, les constructivistes ont décidé de réglementer une partie de l'Histoire pour figer une fois pour toutes son Déroulement Officiel et punir ceux qui le contestent.
Le discours politique actuel, tel
qu'il émane des partis ou des médias, utilise les termes "Droits de l'Homme" en
agrégeant dans un même concept les Droits de l'Homme de 1789 et les Droits de
l'Homme de 1948. Pour le spectateur politique contemporain, peu averti de
l'histoire des idées, la déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948
apparait comme une amélioration et un enrichissement de celle de 1789. On
pense généralement que des idées communes y sont exposées de façon plus
détaillée et réparties dans des articles plus nombreux. Aux yeux du public il
s'agit donc de la même déclaration, rendue "universelle" par l'engagement des
grandes puissances, tel qu'il figure dans son préambule, "d'en assurer, par
des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance
et l'application universelles et effectives".