Discussion sur l'allocation universelle
Par Alain Cohen-Dumouchel le vendredi, 16 déc. 2011, 10:30 - Ligne politique - Lien permanent
L'Allocation Universelle est
recommandée par des socialistes et par des libéraux. Comment une même
mesure peut-elle naître au sein de philosophies politiques qui s'affrontent
depuis deux cents ans.? Que cache cette apparente unicité de vue ? Où
sont les divergences de fondement et de fonctionnement entre l'allocation
universelle libérale et la socialiste ?
Rappelons tout d'abord que l'AU est rejetée par certains libéraux et acceptée par d'autres. Nous avons déjà répondu à l'argument libéral (libertarien) qui consiste à rejeter l'AU par principe dans le premier article paru sur le sujet: L'allocation universelle peut-elle être libérale ? Nous en avons conclu qu'on ne peut pas raisonnablement rejeter l'AU par principe mais que l'on peut tout à fait la juger nocive, inopérante en un mot critiquer ses bénéfices supposés. Dans L'allocation universelle libérale nous avons donné une définition grand public des mécanismes de son fonctionnement. Nous allons ici distinguer l'AU libérale de son homonyme socialiste puis répondre à certains reproches que l'on peut lui faire du point de vue libéral.
L'AU libérale n'est pas un "Droit à", Droit à la vie, Droit au revenu, Droit
au minimum vital, etc. C'est une ingénierie sociale, c'est à dire une
externalité économique artificielle destinée à résoudre des problèmes de
société. L'AU libérale n'a donc aucune vocation à fournir un "revenu suffisant
pour vivre". Elle n'a aucune vocation morale "à priori". Sa moralité ne pourra
naître que de son éventuel succès c'est à dire des progrès effectivement
réalisés après sa mise en application.
Gouverner au nom d'une morale est un des grands moteurs du dirigisme. La gauche
et la droite dirigistes ont toutes deux des "recettes" morales censées apporter
l'équilibre et le bonheur.
Certains libertariens ont une vision parallèle à celle des dirigistes en ce
sens que c'est toujours au nom de la morale qu'ils souhaitent, au contraire de
ceux-ci, une absence d’État. Le respect absolu de la propriété en tant
qu'unique Droit de l'Homme (la liberté et la responsabilité en découlant) ainsi
que le contrat librement et explicitement consenti sont, selon eux, les
principes d'un ordre spontané basé sur leur Morale (qui ne peut être que
téléologique).
Contrairement aux libertariens, les libéraux ne cherchent pas à supprimer
l'État au nom d'une morale. Ils constatent simplement que l'ordre spontané qui
nait du contrat, de l'échange volontaire, et du travail effectué par chaque
individu pour satisfaire ses besoins a des conséquences très favorables sur le
niveau de vie général. Ils recherchent donc un cadre qui permettra à cet ordre
spontané de mieux prospérer. C'est dans cet esprit que s'inscrit l'AUL. Elle ne
deviendra donc "morale" que si elle réussit.
Une ingénierie sociale coercitive ou une externalité économique (comme la
limitation de responsabilité des sociétés de capitaux ou l'allocation
universelle) est libérale-compatible si et seulement si elle répond aux
critères suivants : elle doit être nécessaire - elle doit être
simple et lisible - elle doit être prévisible - elle doit rester
compatible avec la notion de libre marché, et de concurrence, c'est à dire
ne favoriser aucun groupe d'individu, corporation, naissance, origine,
par rapport à un autre. Enfin dernier critère important, elle ne doit pas
être constructiviste. En ce sens l'AU libérale se distingue
philosophiquement de son homonyme socialiste car elle ne cherche pas à
"fabriquer un Homme meilleur" par la force du droit positif. Au contraire, l'AU
libérale essaye de coller au mieux à la Nature Humaine, c'est à dire à l'Homme
tel qu'il est. Nous avons déjà donné comme exemple d'ingénierie sociale
réussie, la responsabilité limitée des sociétés de capitaux qui a permis le
formidable développement de notre monde industriel. La législation sur les SA
et SARL fait payer à ceux qui réussissent les dégâts causés par ceux qui
échouent. Cette ingénierie sociale capitaliste prend en compte une Nature
Humaine complexe qui mêle le goût du risque et le besoin de sécurité, la
responsabilité et l'irresponsabilité. Rendue possible par son succès,
l'AU libérale explore une voie similaire à destination des individus, Il ne
s'agit pas ici de réparer des dégâts, mais d'établir un offset social qui tient
compte à la fois de l'effet de levier sur les revenus produit par la
mécanisation, de la nécessaire limitation d'accès aux ressources naturelles
(compensation de la privation du droit de cueillette, de chasse, de pêche, et
d'appropriation) et des multiples travaux non salariaux effectués par les
individus pour les autres (activité familiale, associative) ou pour soi
(consommation).
L'AU libérale ne poursuit donc pas les mêmes buts que son homonyme socialiste.
Elle n'est pas destinée à "dépasser la société salariale" (ni d'ailleurs à la
conserver) ou à "sortir de l'économie marchande" comme l'exprime par exemple la
pensée magique d'un André Gorz dans "Misère du présent Richesse du
possible". Elle ne poursuit aucun but sociétal. Elle ne cherche pas à
"libérer" l'Homme du travail ou du capitalisme (ni d'ailleurs à l'y maintenir).
Elle ne cherche pas à "rétablir la croissance" ou à "instaurer une
décroissance". Elle ne cherche pas à optimiser une "liberté réelle" différente
de la liberté formelle. L'AU libérale est un simple décalage (offset)
économique à partir duquel un nouvel ordre spontané doit s'établir et trouver
son équilibre.
Marxiste, converti sur le tard à l'allocation universelle, André Gorz est un
champion des formules organicistes et du constructivisme. Pour lui le
capitalisme "pense", "agit", "s'organise" et la société représentée par l'État
doit "réagir". Dans la réflexion menée par Gorz l'Allocation Universelle
Socialiste vise clairement à fabriquer un Homme Meilleur, dégagé des
contraintes matérielles, et de ce fait mieux à même de s’intéresser à son
prochain. Inutile de préciser que ce constructivisme naïf est à mille lieues de
l'Allocation Universelle libérale. Cette idée, typiquement socialiste, de
"fabriquer" un Homme Meilleur à l'aide de l'Allocation Universelle se retrouve
dans l'acronyme choisi par les fondateurs du Basic Income European Network
devenu par la suite le Basic Income Earth Network, le B.I.E.N.
L'AUL est financée par l'impôt, de préférence par un système de taxe à taux
fixe (improprement dénommée "flat tax" puisque c'est le taux et non l'impôt qui
est "plat"). L'AUL associée à une flat tax réalise de fait un impôt
progressif.
Le taux de l'imposition individuelle destinée à l'AUL augmente en fonction des
revenus pour tendre asymptotiquement vers le pourcentage du PIB que l'on a
décidé de lui affecter diminué de la quote-part de taxes sur la consommation
payées par les allocataires eux mêmes.
Nous passerons rapidement sur les projets qui consistent à financer
l'allocation universelle par création monétaire. Cette méthode qui
maintiendrait une inflation permanente pénaliserait tous les épargnants. Elle
n'a pas la neutralité sociale de l'AUL et pousse à une croissance insoutenable.
De plus, mais c'est une autre discussion, la création monétaire
automatique totalement décorrélée des besoins réels de l'économie est
une vraie cathédrale constructiviste bien éloignée de la subsidiarité
ascendante qui doit servir de modèle à une société libérale.
Dissipons également le malentendu qui pourrait laisser penser que l'AUL résulte
d'un "contrat social". Une loi ne peut être confondue avec un contrat. Nous
laissons ce type d'escroquerie intellectuelle à ceux qui cherchent à justifier
leurs rapines ou à faire plaisir aux gouvernants. Les libéraux reconnaîtront
tous que l'AU est un mécanisme violent comme l'est tout dispositif qui est basé
sur l'impôt. Pour les mêmes raisons, l'AU libérale n'est pas une forme de
"solidarité", ce terme dont se gargarisent les socialistes ne pouvant décemment
pas être employé pour désigner une contribution forcée.
L'un des principaux arguments en défaveur de l'Allocation Universelle est son
instabilité politique. Mise entre les mains des femmes et des hommes
politiques, l'AU ne pourrait que croitre au fil des promesses électorales pour
finir par ruiner la société. Il suffit de constater l'emballement des dépenses
inhérentes au mode de fonctionnement des sociales-démocraties pour redouter un
débat sur "ce qui est nécessaire ou pas pour vivre".
Cette objection
fondamentale n'est pas évoquée par Yannick Vanderborght et Philippe Van
Parijs dans leur ouvrage de référence : L'allocation universelle,
censé pourtant exposer le cœur de cette théorie, ses variantes, et la
discussion qui l'entoure. Cet "oubli" est vraiment saisissant.
Quoi qu'il en soit, l'indépendance de l'AUL vis à vis du pouvoir politique est
un point de distinction majeur avec l'AUS, le second étant la disparition des
aides sociales traditionnelles que l'AUL remplace au lieu de les
compléter.
Les libéraux les plus hostiles à toute forme d'Allocation venant de l'État,
objecteront que l'AUL est de toutes façons instable puisque le pouvoir
politique a bien, in fine, le pouvoir de changer son fonctionnement. Est ce si
vrai que cela ? L'AUL se distingue des aides clientélistes
sociales-démocrates par sa visibilité et sa clarté. Il n'y a pas ici de "grande
fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout
le monde", car personne ne peut espérer gruger le voisin, l'AU est distribuée à
tous.
Celui qui plaide pour une majoration de l'AU plaide automatiquement
pour un taux d'imposition plus élevé. Il est donc beaucoup moins facile pour un
politique d'augmenter l'AU que de distribuer des aides clientélistes financées
par "les autres" ou par le déficit.
Promulguer un "Droit au logement" dont on ne comptabilise pas les effets ou
instaurer un RSA financé par de la dette et administré par une armée de
fonctionnaires sont des artefacts typiques des sociales-démocraties. Rien de
tel avec l'AUL dont l'effet coercitif est aussi visible que son bénéfice
supposé.
Reste l'argument ultime de la prime à la fainéantise. C'est le fameux exemple
du "surfeur", "parfaitement apte à exercer une activité professionnelle
normale" qui consacrerait son temps "à la pratique du surf, sans manifester la
moindre velléité de travailler" comme ne craint pas de l'écrire Alain
Wolfesperger. Ainsi le surfeur qui sélectionne une planche, l'achète,
l'entretient, qui se nourrit, s'habille et pratique le surf toute l'année n'est
qu'un "jouisseur impénitent des plaisirs du surf" (sic). Ceux qui,
assis sur la plage le regardent (gratuitement) doivent-ils être considérés
comme des voyeurs-jouisseurs-resquilleurs ? Où est la frontière entre un
travail et une activité ? La femme ou l'homme au foyer doivent ils être
qualifiés de "jouisseurs impénitents des plaisirs domestiques" ?
Mais l'argument principal d'Alain Wolfesperger n'est pas là. Il réside, comme
chez les libertariens, dans une source morale "à priori" baptisée pour la
circonstance "morale naturelle". L'AU ne serait pas conforme à cette morale car
contraire au principe de réciprocité : "J'entends par là les actions que
nous décidons au profit d'autrui sans contrepartie immédiate ou formellement
promise comme dans une relation marchande classique mais dont tout le monde
pense qu'elle doit inciter le bénéficiaire à adopter un jour un comportement de
même nature en notre faveur si l'occasion s'en présente. "
Le raisonnement est très curieux et tortueux. Alain Wolfesperger prend un
exemple théorique caricatural (le surfeur) dont rien ne prouve qu'il sera la
règle après l'instauration de l'AU. Il indique par ailleurs que le
principe de réciprocité possède des fondements biologiques, c'est à dire qu'il
est inhérent à la Nature Humaine. Il déduit ensuite que l'AU est immorale parce
que cet exemple (complètement théorique) du surfeur est en contradiction avec
le principe de réciprocité.
Mais si le principe de réciprocité est effectivement ancré dans la Nature
Humaine, l'AU n'y changera rien ! donc le surfeur se sentira redevable vis à
vis de la société qui lui fournit des ressources. Les filles et fils "de
famille" qui sont largement aidés par leurs parents et qui sont assurés d'un
héritage confortable, travaillent-ils moins que les autres ? Certains le font,
mais on ne peut pas dire que ce soit la règle, loin de là. Les enfants qui
héritent d'une entreprise ont à cœur de la faire fructifier et travaillent
beaucoup, parfois plus que de raison, pour cela. L'assurance d'un revenu et
d'une situation confortable n'a pas d' influence négative systématique sur le
"travail" qu'un individu fournira. Il n'y a aucune raison que cet état de fait
soit bouleversé par l'AU. En fait l'argument d'Alain Wolfesperger est presque
constructiviste. Il ne s'agit pas ici de supposer que le droit positif va
fabriquer un Homme Meilleur, mais de craindre qu'il en fabrique un moins bon.
Cela fonctionne en sens inverse mais c'est exactement la même
logique.



Commentaires
Bon article, c'est juste dommage de balayer du revers de la main la création monétaire. Car il est évident que présenté comme tu le fais (c'est à dire par le bout de la lorgnette, et avec des préjugés) la proposition n'est pas pertinente. Autant ne pas en parler du tout...
La proposition de dividende universel est beaucoup plus profonde, et nécessiterait tout d'abord de poser le cadre du sujet : que sont la monnaie & l'inflation ? Alors peut être qu'un bout de réflexion pourrait émerger là dessus.
Mais bon... ce n'est que partie remise
C'est vrai que j'ai un peu botté en touche sur le dividende universel, concept auquel je n'adhère pas. L'article traite l'allocation universelle de façon autonome sans la confondre (au sens mélanger) avec la création monétaire.
Je sais que votre sympathique mouvement (ceci dit sans aucune condescendance) part du présupposé inverse.
Mais bon, il en faut plus pour me convaincre. Pour l'instant je me sens proche du "free banking" (et pas convaincu du tout par les monnaies métalliques qui sont la coqueluche de 50% des libéraux).
"Elle n'a pas la neutralité sociale de l'AUL et pousse à une croissance insoutenable. De plus, mais c'est une autre discussion, la création monétaire automatique totalement décorrélée des besoins réels de l'économie est une vraie cathédrale constructiviste bien éloignée de la subsidiarité ascendante qui doit servir de modèle à une société libérale."
J'ai bien rit.
( Comme si les mesure d'une "croissance" ou des "besoins réels de l'économie" n'étaient point constructivistes ... )
Si l'AUL est démocratique, alors le %DU, soit l'accroissement de la masse monétaire, pourra être ajusté démocratiquement (c'est prévu et géré dans le standard OpenUDC).
Ce %DU devrait mieux en effet être proche d'une croissance "réelle" pour éviter une hausse des prix ou un ralentissement des échanges. Soit entre 5 et 15% par an pour reprendre les intuitions de Milton Friedman (entre autres...), que Galuel a très justement lié et justifié avec l'espérance de vie des individus (Si tout le monde est immortel et stérile, alors le %DU est nul).
La croissance "réelle" est pour un vrai libéral et par définition non mesurable : qui peut prétendre connaître quels sont et surtout quels seront les valeurs à tous points du globe ? la "valeur" de tel nourrisson ? de telle idée ? les innovations et les motivations de demain ? (d'autant plus que "tous" : les changements de technos, de modes de vie, d'outils, de mentalité... s'accélèrent.)
Seul les dictateurs, manipulateurs et autres constructivistes peuvent prétendre répondre à ces questions.
"Il n'y a de richesse que d'hommes"
Errata: Je parlais d'un AUL basé sur la création monétaire, dans un monde ou l'on ferait enfin bien la différence entre une monnaie, et une ardoise de bistrot (i.e. pas de réserves fractionnaires mais "100% monnaie"), bien entendu.
Note: j'ai parlé de hausse des prix, je n'ai pas utilisé le mot "inflation" que nous avions sagement appris comme la cause de cette conséquence. C'est en effet un concept qui perd quasiment toute importance dans le contexte de la TRM.
"La croissance "réelle" est pour un vrai libéral et par définition non mesurable /.../
Seul les dictateurs, manipulateurs et autres constructivistes peuvent prétendre répondre à ces questions."
Oui, tout à fait d'accord avec ça. C'est pourquoi je préconise le free banking.
"Il n'y a de richesse que d'hommes" Ca non, c'est du verbiage. Les belles phrases un peu pompeuses ne doivent pas guider la pensée.
"Il n'y a de richesse que d'hommes" Ca non, c'est du verbiage.
Pas du tout.
Celui qui nie cela ne le fait que pour lui même, et n'a aucun droit de l'imposer à autrui.
De notre côté nous ne considérons de richesses que provenant d'hommes, mesurées par l'homme, échangées par l'homme.
Et aucun homme ni aucun groupement d'hommes aussi large soit-il n'a de position privilégiée qui lui permette de juger un autre homme quant à la valeur qu'il choisit, la valeur qu'il produit ainsi que la valeur qu'il échange.
Ceux qui prétendent nier l'homme sont les ennemis de la liberté.
"De notre côté nous ne considérons de richesses que provenant d'hommes, mesurées par l'homme, échangées par l'homme."
Tout à fait d'accord dit comme ça.
La première phrase, très pompeuse, est imprécise, avec un côté mystique de pacotille. On peut notamment l'interpréter comme une négation de la valeur des biens matériels (même mesurés par l'homme) et une invitation au repli sur soi.
La philosophie politique ne doit avoir aucune vocation poétique ou mystique.
"La philosophie politique ne doit avoir aucune vocation poétique ou mystique"
Rien ne doit s'imposer qui ne soit librement accepté.
Bonsoir et joyeux Noël
L'AU"L" me laisse sceptique pour diverses raisons que je n'ai pas envie d'exprimer pour le moment... Mais je voudrais suggérer un système d'aide sociale alternatif qui consisterait à décentraliser l'aide sociale au niveau des communes ou des quartiers. A ce niveau, on sait qui est vraiment dans la merde et qui profite du système... Par le jeu d'une démocratie directe, il pourrait être décidé d'octroyer telle somme d'argent à telle personne de manière ponctuelle pour l'aider à s'en sortir et à reprendre sa vie en main en autonomie, sous condition que les aides privées diverses n'aient pas suffit. L'argent en question pourrait être tiré d'impôts levé par les collectivités concernées, ou bien d'impôts d’État mais redistribués aux collectivités en faisant la demande à l'aide d'un dossier explicatif de l'utilisation qui en serait faite (des contrôles pourraient s'assurer de temps en temps que l'argent est bien utilisé conformément aux projets soumis).
L'aide pourrait aussi être indirecte, à destination d'organisations ou personnes privées dont le rôle social serait reconnu, afin d'inciter la charité privée. Bien entendu, ce serait là aussi une aide ponctuelle, en vu de résoudre un problème ponctuel insoluble autrement.
Cordialement,
Mikaël
@ Alain :
J'espère que t'as vu que "cet article a été repris par Jacques Gautron" ?
http://www.dtom.fr/archives/un-syst...
Un grand "bravo à toi" !
@ Mickaël :
Comment un "défenseur des libertés individuelles" (ce que "tu es censé être" !) peut réclamer ainsi des "contrôles" aussi serrés ?!......Alors tu décentralises l'aide sociale jusqu'au "quartier" (et bien force est de constater qu'en la matière "tu bats le PLD" ! En effet, même eux proposent de s'arrêter au niveau "régional", du moins dans un premier temps), donnant ainsi la possibilité au "voisin d'en face de 'contrôler' à quelle heure s'ouvre les volets" du bénéficiaire ou encore d'aller 'vérifier' qu'il est bien présent chez lui chaque jour dans l'année (pour le cas où il déciderait de s'accorder "de temps en temps" une p'tite sortie en train à quelques kilomètres de son domicile), et pourquoi pas "l'accompagner aussi au magasin", pendant que nous y sommes ? Et bien voilà qui constituerait de loin "la plus grosse régression dans le sens conservateur" de notre époque moderne !!......Désolée mais ce n'est pas parce qu'une personne est "temporairement dans la dififculté" (ou "handicapé à vie", car ça existe aussi !) qu'il est justifié de "la priiver de la liberté individuelle à laquelle ont droit tous ses semblables qui travaillent" !! Même la plupart des "parents qui aident leurs enfants" en complément des allocations sociales (ils sont de plus en plus nombreux) n'exigent plus d'eux ce genre de "contre-partie infantilisante" ! Ceci porte tout simplement un nom : la TUTELLE. Elle est inadmissible, or c'est "précisément ce que tu proposes" ! Je t'invite donc à un sérieux retour de réflexion sur ta proposition afin d'en "prendre conscience" !
Je ne sais pas s'il l'a fait exprès (je ne pense pas) mais la proposition de Mickaël en fait "correspond presque exactement au fameux 'panoptique des pauvres'" préconisé par Jérémy Bentham (je partage pourtant pas mal la pensée utilitariste mais je me sens 'beaucoup plus proche de John-Stuart Mill", justement à cause de ce fameux "panoptique" qui provoque chez moi un rejet assez spontané de Bentham..... comme c'est d'ailleurs le cas pour beaucoup d'utilitaristes !) :
http://books.google.fr/books?id=hAt...
Bon, ce lien vous amenant "au milieu du bouquin" (pas trouver à faire mieux, désolée !), je vous conseille donc de "remonter le curseur jusqu'à la première page" (afin que vous ayez la lecture de "l'intégralité" de cet ouvrage en ligne) !
L'interet que je vois a la regionalisation d'une telle aide, ce n'est pas le flicage ou l'observation d'abus (car ce mecanisme est un mecanisme systematique... Tu es un etre humain = tu as le droit a l allocation), mais plutot a determiner un montant plus ou moins optimale en mettant en concurrence les differentes regions. Je ne crois malheureusement pas aux petits calculs simplistes qui consistent a arriver a la conclusion que le montant est de 600/700euros pour les adultes et 200/300euros pour les enfants car les recettes fiscales sont dependants de la politiques fiscales et de redistributions elles memes. je ne crois pas a l'argument qui me semble un peu constructiviste qui consiste a dire qu aligner une allocation universelle a Paris et en province permettrait d'eviter une concentration parisienne trop forte. Une allocation systematique dont le montant est determine par les regions me semblent etre une bonne solution.
Merci pour les liens Tetatutelle, Jacques m'avait prévenu. Il est devenu un militant libéral de l'AU qu'il essaye notamment de promouvoir au NC. Je sais, c'est pas gagné. Mais bon, les petites rivières....
Merci pour le lien sur Bentham. Je connais mal. C'est très instructif. Les propositions de Mickaël ne sont pas aussi caricaturales mais dans l'esprit ça se ressemble effectivement un peu.
@JLER.
Une allocation régionale versée sur quelle base ? Le lieu de résidence, de travail, ou de naissance ? Il n'y a pas de passeport régional...
Et quid de ceux qui n'ont pas de lieu de résidence fixe ni de travail ? Il vont forcément choisir la région qui distribue l'aide la plus haute.
Bref, je pense que c'est ingérable.
En ce qui concerne le montant de l'allocation je rappelle qu'il est seulement évalué la première année et ajusté les années d'après en fonction des rentrées réelles d'impôt. Donc jamais de déficit, et l'allocation peut baisser. Il faut juste se mettre d'accord au départ sur la part de PIB qui doit lui être consacrée.
Là encore il n'y a pas de comptabilité permettant d'établir un PIB régional.
La proposition de JLER est "celle du PLD" (sauf que eux "ne l'appellent pas Allocation Universelle", c'est en fait l'aide sociale actuelle "transférée aux Régions") ! ça semble une évidence car logique que c'est le lieu de "résidence" qui serait pris comme base ! Une région "doit-elle quoi que ce soit à un individu qui ne fait plus partie de ses habitants" ? Et pour l'ex-habitant lui-même, s'il l'a quitté il y a 'des années" peut-il s'y sentir encore politiquement attaché ? ça n'a évidemment pas de sens !
Oui ce "Centre Bentham" est effectivement un think tank français totalement inconnu......Et si moi je le connais c'est uniquement pour avoir effectué la "démarche de le chercher" ! Je voulais savoir s'il existait en France un think tank "utilitariste" (m'y impliquer, ne serait-ce que sur le web, me donnerait peut-être 'un tantinet plus d'assurance face aux libertariens les plus implacables" !.....) et c'est hélas "le seul que j'ai trouvé".......Or je ne m'engagerai pas pour "Bentham", à cause justement de cette idée de "panoptique" à l'évidence inacceptable pour qui s'affiche partisan de la "liberté" ! Et il est aussi "clairement contradictoire avec l'Allocation Universelle", qui de part son "inconditionnalité", ne peut justement y adjoindre une quelconque "surveillance" que ce soit ! Et Stuart Mill, de qui je me sens beaucoup plus proche, malheureusement n'en a pas en France.......Et rien d'étonnant à cela : l'utilitarisme est le libéralisme "anglo-saxon", les libéraux français ne connaissent pas et y sont même pour la plupart franchement opposés !... Notre libéralisme à nous est "fondé sur le jusnaturalisme", malheureusement beaucoup plus dur !....