Que reste-t-il de ces annonces médiatiques ? Strictement rien. Bien au contraire, le dirigisme névrotique du chef de l’État le pousse à toujours plus de dépenses. Il veut tout contrôler, tout diriger, tout asservir. Le climat, la crise économique, la recherche scientifique, la production d’énergie, Internet doivent être "administrés" et "aidés" par un État omniscient, la doxa étatiste qu’il représente en est convaincue.

Le slogan de l’UMP pour les européennes de 2009 résumait parfaitement la mentalité de l’Élysée : quand on veut, on peut.

En 2008 et 2009 les "Grenelles de l’environnement" ont ainsi engagé près de 500 milliards de dépenses étalés jusqu’en 2020. Est-ce que l’environnement profitera d’un pays en faillite, incapable de rembourser sa dette ? La débâcle environnementale de l’URSS aurait dû inciter à la prudence, mais non, le gouvernement a décidé de miser sur la dépense.

En 2008 Sarkozy annonce un plan de relance de 26 milliards d’euros, principalement destinés aux grandes entreprises (toujours les mêmes). Pour mener à bien ce projet il crée un nouveau ministère avec Patrick Devedjian à sa tête et un beau slogan : 26 milliards, 45 mesures, 1000 projets.

En février 2009 il décide, pour calmer les syndicats (financés par l’État), d’allouer 2,6 milliards d’euros à un nouveau plan de relance, principalement destiné aux familles et aux demandeurs d’emploi celui-là.

Passons sur l’augmentation de 18% des dépenses de l’Élysée en un an (une peccadille en valeur absolue) et sur le projet pharaonique du Grand Paris (non voté) dont le coût est estimé à 25 milliards d’euros pour les seuls transports.

En 2010 Nicolas Sarkozy fait voter le "grand emprunt" de 35 milliards d’euros décidé fin 2009. Cet emprunt doit financer en partie les 60 milliards d’euros d’investissement destinés à un nouveau "plan de relance de l’économie". Tous ceux qui ont dirigé une entreprise de la vraie économie savent parfaitement qu’un plan de relance ça ne marche jamais. Quand une entreprise est en difficulté on fait des économies, on se recentre sur son cœur de métier, on baisse les coups de production et souvent, ça repart. Mais M. Sarkozy n’a jamais mis le pied dans une entreprise. Il pense que l’économie se construit à coups de lois et d’emprunts. "La France investit dans son avenir" clame le nouveau slogan placardé dans la presse (pour un coût total de 1 million d’euros, la seule photo de Marianne enceinte ayant couté 150 000 euros).

Mais, voilà que la Grèce, le plus socialiste des pays européens (le deuxième, c’est la France), se retrouve en cessation de paiement. Qu’à cela ne tienne, l’assemblée nationale décide dans l’urgence de prêter 16,8 milliards d’euros à la Grèce sur trois ans.

Tout de même échaudés par l’aventure Grecque, Nicolas Sarkozy et les membres du gouvernement semblent découvrir qu’un pays ça peut vraiment faire faillite. D’où la nouvelle idée géniale du chef de l’Etat : inscrire dans la constitution un dispositif obligeant tout gouvernement en début de législature à préciser sa trajectoire budgétaire et à s’engager sur une date de retour à l’équilibre des finances publiques.

Manifestement le président ne pense pas pouvoir contrôler son addiction au jeu, il continuera de miser l’argent et le travail des français, il est convaincu de ne pas pouvoir s’arrêter seul.

Il pense aussi qu’aucun autre gouvernement ne sera capable de réduire les déficits et là, il a probablement raison car cela fait 35 ans que les gouvernements français jouent de la relance, les uns par la consommation les autres par l’offre, et cela fait 35 ans qu’ils perdent. Notre économie fait moins bien que toutes les économies des pays développés. Cela ne les décourage pas : au prochain coup, c’est sûr, ils vont gagner.

En fait le projet de réforme de la constitution imaginé par notre président fait penser au dispositif existant pour les joueurs compulsifs qui peuvent, à leur propre demande, se faire interdire de casino. Il suffit pour cela d’envoyer un courrier de requête à la "Direction des Libertés Publiques et de la Réglementation.". Après six mois d’instruction, ils obtiennent leur interdiction pour une durée de cinq ans. Seize mille personnes en France sont ainsi interdites volontaires de casino.

Il semble que le président, le gouvernement et une partie de l’UMP, dans un éclair de lucidité, aient pris conscience de leur addiction. Malheureusement les socialistes, tout aussi dépendants que leurs homologues de droite, n’ont pas l’air de vouloir rejoindre de leur plein gré cette nouvelle association des budgetopathes anonymes.