Environ soixante pour cent de touristes en plus de provinciaux sur l'avenue rendue piétonne pour l'occasion. Ce sont eux qui tentent de mettre de l'ambiance car aucune organisation festive n'est prévue. Les forces de police sont omniprésentes: cars de CRS en tenue de combat à tous les croisements de rue, service d'ordre et chiens d'attaque dans les couloirs du métro, nombreux piquets de sécurité en tenue jaune fluo, moins agressifs ceux-là, ils ont le talkie à la main au lieu de la matraque. L'avenue est brillamment éclairée par la lumière blanc bleuté, un peu lunaire, qui a envahi les rangées d'arbres. Sobre et assez réussi il faut le dire. En plus il parait que cela consomme très peu.
Des groupes se forment sur les Champs-Elysées. Les bouteilles de champagne et les flûtes en plastique sont prêtes et attendent minuit. Curieux, car un arrêté interdit la détention de bouteille en verre dans le secteur des Champs-Elysées. Mais en France la police n'est pas là pour faire respecter un arrêté débile et inapplicable (la pluspart sont venus là pour ouvrir une bouteille) mais pour maintenir "l'Ordre public". Car ce qui pourrit l'atmosphère et explique la présence massive des forces de l'ordre, ce sont les bandes des banlieues qui déambulent au milieu de la foule. On les reconnaît assez facilement : capuches découvertes, incapables de communiquer avec qui que ce soit, ils plombent l'ambiance. Contrairement aux autre groupes ils ne restent pas en place. Les journalistes de l'AFP et les médias n'en parlent pas. Ils ne les ont probablement pas vus... Il est vrai qu'il n'y a pas eu d'incident "notable" cette année comme l'annonceront fièrement les communiqués de presse du matin.

Une pluie très fine tombe sur les Champs. Elle mouille à peine. A minuit la clameur enfle, les bouchons de champagne s'envolent. Chaque groupe s'anime et échange les bises traditionnelles. Tout cela est un peu glauque. pas de musique, très peu de communication entre les groupes et cette présence policière rendue malheureusement nécessaire. Franchement rien d'une fête populaire.

Ayant assisté aux fête d'halloween à New York il y a quelques semaines, le contraste est frappant. A New York la foule était chaleureuse et majoritairement locale, le défilé faisait largement place aux amateurs et à l'initiative individuelle, les gens se parlaient, les forces de l'ordre étaient discrètes :une vraie ambiance de fête.