Le fait d'avoir décroché un poste avantageux, de bien gagner sa vie ou d'avoir accumulé des richesses n'est absolument pas un privilège en soi. Un homme riche n'est pas un privilégié, sauf s'il a acquis sa fortune au moyen d'un droit préférentiel d'exercer une activité ou d'acquérir des biens.

Le fondement de la société libérale c'est l'absence de privilèges. Le fondement de la société dirigiste ce sont les privilèges, les monopoles et le protectionnisme. Dans l'ancien régime la propriété foncière était réservée à la noblesse tandis que l'artisanat et l'industrie étaient aux mains des corporations.
De nos jours l'Etat accorde l'emploi à vie à une certaine catégorie de gens et pas aux autres. Il accorde cinq semaines de vacances à certains et trois mois à d'autres. Il oblige certains à cotiser pendant quarante et un ans et d'autres pendant trente sept ans et demi pour toucher une même retraite. Il fait dépendre certaines personnes de la législation civile et d'autres des tribunaux administratifs. Voilà de vrais privilèges !

Alors effectivement Madame, cet Etat qui vous a accordé vos privilèges ne vous paye plus très bien. Pas étonnant quand on connaît le montant colossal de ses dépenses qui doit être financé par une société civile exsangue qui ne comporte plus que dix sept millions d'actifs... non privilégiés, eux.