Car pourquoi régulariser des sans-papiers qui font une grève de la faim? En quoi ont-ils plus de droits que tous les autres? Daniel Canépa avoue d'ailleurs avec aplomb : « Depuis un an, j'ai donné des papiers dans 40 % des cas, bien souvent à des étrangers qui ne rentraient pas exactement dans le cadre de la loi. »(propos rapportés par le Figaro du 23 août 2007)

Mais à l'inverse pourquoi menacer d'expulsion immédiate des sans-papiers qui font une grève de la faim? En quoi le fait de faire une grève de la faim supprimerait-il des voies de recours juridiques pour aboutir à une mise en rétention administrative puis à une expulsion? Le droit change t-il parce qu'on fait une grève de la faim? D'autant plus que si on menace d'expulsion ceux qui font grève, cela sous-entend que l'on n'expulsera pas ceux qui abandonneront leur grève. M. Canépa qui prétend "refuser le chantage des sans-papiers lillois" utilise donc les mêmes méthodes qu'eux !

Ce revirement de M. Canépa est une illustration parfaite de la justice d'Etat qui est mise en oeuvre par les préfets. Du temps du gouvernement Raffarin le maintien de l'Ordre Public passait par la régularisation des sans-papiers grévistes. Ainsi en avait décidé le président Chirac au nom de sa morale alter-mondialiste de circonstance.

Avec Sarkozy cela change, une vraie morale de droite a pris le pouvoir et dicte les nouvelles recettes de l'Ordre Public. Dorénavant, on expulse, c'est la rupture !

Triste rupture, car l'intimidation, le mépris du Droit et les abus de pouvoir demeurent des instruments officiels, placés dans les mains des préfets, pour faire régner le sacro-saint Ordre Public.

"Nous ne voulons pas d’une justice d’Etat. Ce que nous voulons, c’est un Etat de droit."

(Phrase de clôture du discours sur la justice, lors du Congrès Fondateur d'Alternative Libérale, le 14 mai 2006 à La Cigale)