Pourquoi notre société est-elle organisée autour de ces quelques points de croissance qui font la pluie et le beau temps sur notre économie, sur le chômage, sur le moral des ménages ? Nobles pensées, qui peuvent peut être susciter un débat dans nos pays riches mais qui deviennent franchement déplacées lorsqu'on songe à la situation de développement des deux tiers de la planète. La croissance, tous les pays pauvres la souhaitent ardemment. Les emplois de Danone ou de Peugeot, sont sollicités par tous les pays candidats à leur implantation. Quand une grande entreprise s'implante dans un pays pauvre, elle est accueillie à bras ouverts.

Arrêter la croissance au nom de grands principes environnementaux, cela parait généreux, mais quand en même temps on s'indigne de toute remise en cause des "avantages acquis" et qu'on refuse la mondialisation des échanges, cela signifie clairement qu'on veut freiner le développement des pays pauvres. La dénonciation de la société de consommation est un prétexte pratique qui permet de se donner bonne conscience. Non seulement l'écologiste profite directement de cette idéologie mais en plus il peut donner des leçons de morale au monde.

On pourrait être tenté de comparer les nouveaux mouvements écologistes et alter (ou plutôt anti) mondialistes avec les anciennes générations communistes. Le promesse d'un monde meilleur issu d'une idéologie, le révisionnisme scientifique comme instrument politique, l'opposition au libéralisme en sont des points communs. Toutefois on remarquera que les premiers communistes et la plupart de leurs dirigeants, issus de la bourgeoisie prônaient des idées généreuses manifestement contraires à leurs intérêts personnels. La collectivisation, le travail pour tous, n'étaient pas pour eux, une source de profit ou de confort. Les écologistes sont tout au contraire issus de milieux qui profitent immédiatement de leur idéologie : mieux bouffer, conserver leurs emplois en s'opposant aux délocalisations, bloquer la croissance des pays pauvres sous d'odieux prétextes sociaux, se complaire dans une idéologie qui fait ressurgir tous les vieux atavismes, les vieilles croyances populaires érigées en "bon sens issus de la terre".