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  <title>Gauche libérale - Lectures</title>
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  <description>Blog libéral de gauche.
Ouvert à tous les partisans de la société ouverte.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 08 Jul 2008 06:53:49 +0200</pubDate>
  <copyright>Les textes appartiennent à leurs auteurs.</copyright>
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    <title>Nietzsche : Mon idée de la liberté</title>
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    <pubDate>Sat, 08 Mar 2008 01:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alcodu</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;Le crépuscule des idoles 1888&lt;br /&gt;
Flâneries inactuelles&lt;br style=&quot;font-weight: normal;&quot; /&gt;
§38 trad. Henri Albert&lt;/h3&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;MON IDÉE DE LA LIBERTÉ. — La valeur
d’une chose réside parfois non dans ce qu’on gagne en l’obtenant, mais dans ce
qu’on paye pour l’acquérir, — dans ce qu’elle coûte. Je cite un exemple. Les
institutions libérales cessent d’être libérales aussitôt qu’elles sont
acquises : il n’y a, dans la suite, rien de plus foncièrement nuisible à
la liberté que les institutions libérales. On sait bien à quoi elles
aboutissent : elles minent sourdement la volonté de puissance, elles sont
le nivellement de la montagne et de la vallée érigé en morale, elles rendent
petit, lâche et avide de plaisirs, — le triomphe des bêtes de troupeau les
accompagne chaque fois. Libéralisme : autrement dit abêtissement par
troupeaux...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les mêmes institutions, tant qu’il faut combattre pour elles, ont de tout
autres conséquences ; elles favorisent alors, d’une façon puissante, le
développement de la liberté. En y regardant de plus près on voit que c’est la
guerre qui produit ces effets, la guerre pour les instincts libéraux, qui, en
tant que guerre, laisse subsister les instincts antilibéraux. Et la guerre
élève à la liberté. Car, qu’est-ce que la liberté ? C’est avoir la volonté
de répondre de soi. C’est maintenir les distances qui nous séparent. C’est être
indifférent aux chagrins, aux duretés, aux privations, à la vie même. C’est
être prêt à sacrifier les hommes à sa cause, sans faire exception de soi-même.
Liberté signifie que les instincts virils, les instincts joyeux de guerre et de
victoire, prédominent sur tous les autres instincts, par exemple sur ceux du
« bonheur ». L’homme devenu libre, combien plus encore l’esprit
devenu libre, foule aux pieds cette sorte de bien-être méprisable dont rêvent
les épiciers, les chrétiens, les vaches, les femmes, les Anglais et d’autres
démocrates. L’homme libre est guerrier. — À quoi se mesure la liberté chez les
individus comme chez les peuples ? À la résistance qu’il faut surmonter, à
la peine qu’il en coûte pour arriver en haut. Le type le plus élevé de l’homme
libre doit être cherché là, où constamment la plus forte résistance doit être
vaincue : à cinq pas de la tyrannie, au seuil même du danger de la
servitude. Cela est vrai physiologiquement si l’on entend par
« tyrannie » des instincts terribles et impitoyables qui provoquent
contre eux le maximum d’autorité et de discipline — le plus beau type en est
Jules César ; — cela est vrai aussi politiquement, il n’y a qu’à parcourir
l’histoire. Les peuples qui ont eu quelque valeur, qui ont gagné quelque
valeur, ne l’ont jamais gagnée avec des institutions libérales : le grand
péril fit d’eux quelque chose qui mérite le respect, ce péril qui seul nous
apprend à connaître nos ressources, nos vertus, nos moyens de défense, notre
esprit, — qui nous contraint à être forts... Premier principe : il faut
avoir besoin d’être fort : autrement on ne le devient jamais. — Ces
grandes écoles, véritables serres chaudes pour les hommes forts, pour la plus
forte espèce d’hommes qu’il y ait jamais eue, les sociétés aristocratiques à la
façon de Rome et de Venise, comprirent la liberté exactement dans le sens où
j’entends ce mot : comme quelque chose qu’à la f&lt;span&gt;ois on a et on n’a
pas, que l’on veut, que l’on conquiert...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;br /&gt;
Et dire qu'il y en a encore qui prétendent que le libéralisme c'est &amp;quot;la loi de
la jungle&amp;quot; ! Comme quoi il vaut mieux lire Nietzsche que le Monde
Diplomatique...&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span&gt;Car Nietzsche, lui ne s'y est pas
trompé. Pour lui, le libéralisme en tant que système établi, aboutit à une
sorte de &amp;quot;bien être méprisable&amp;quot;.&lt;/span&gt; La liberté apportée par les
institutions libérales n'est pas la Loi du plus fort, C'est même contre cette
conception pacifique et tolérante de la liberté qu'il s'élève. &lt;span&gt;Lui veut
une liberté comme manifestation de la volonté de puissance, une liberté pour
laquelle on est &amp;quot;prêt à sacrifier les hommes à sa cause&amp;quot; une liberté sans
bornes autres que sa propre destruction.&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;Exactement le contraire des principes libéraux
pour lesquels la liberté de chaque individu s'arrête aux nuisances causées à
autrui, pour lesquels l'individu est souverain et pour lesquels on n'a le droit
de sacrifier aucun homme, excepté soi-même, à quelque cause que ce soit.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;Si le libéralisme est nécessairement
individualiste, la réciproque n'est pas vraie. Il y a des individualismes non
libéraux, celui de Nietzsche en est un. C'est un individualisme élitiste,
aristocratique et provocateur.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;Comme les libéraux, Nietzsche refuse la morale
imposée, mais son éthique (la morale qu'on s'impose à soi-même) est
radicalement différente de l'éthique libérale. La liberté Nietzschéenne
(&lt;span&gt;avoir la volonté de répondre de soi)&lt;/span&gt; est illimitée, celle des
libéraux est large, mais clairement délimitée. Dans les deux cas la liberté
s'étend à l'exercice de sa propre destruction qu'il est impensable de
restreindre ou d'aliéner.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;La culpabilité et le ressentiment vus comme
les moteurs d'une dictature morale qui doit être combattue peuvent figurer
parmi les valeurs communes des philosophies Nietzschéenne et libérales, mais
l'analogie s'arrête là. Les libéraux ne foulent aux pieds ni le bien être, ni
le bonheur et ils ne voient aucun déshonneur à partager les rêves des épiciers,
des chrétiens, des femmes, des Anglais et d'autres démocrates. Certains d'entre
eux sont même des femmes ! Quand aux rêves des vaches, ils n'ont pas la
prétention de les connaître.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;Enfin pour ne pas vous laisser sur une note
négative, voici, du même philosophe, une autre définition de la liberté, qui
n'est pas en contradiction avec la première, qui n'est pas non plus très
libérale, mais qui a le mérite de flatter &amp;quot;Gauche Libérale&amp;quot;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu’on ne l’attend de lui
en raison de son origine, son entourage, sa situation et de son emploi ou en
raison des vues régnantes du temps. Il est l’exception, les esprits soumis sont
la règle (...)&amp;quot;&lt;br /&gt;
Nietzsche Humain, trop humain I §225&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Karl Marx et les droits de l'homme</title>
    <link>http://www.gaucheliberale.org/post/2008/02/14/Karl-Marx-et-les-droits-de-lhomme</link>
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    <pubDate>Thu, 14 Feb 2008 09:53:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alcodu</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Extrait de&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;&lt;em&gt;à propos de la question
juive&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;  (1843)
:&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Considérons un instant ce qu'on
appelle les droits de l'homme, considérons les droits de l'homme sous leur
forme authentique, sous la forme qu'ils ont chez leurs inventeurs, les
Américains du Nord et les Fran­çais ! Ces droits de l'homme sont, pour une
partie, des droits &lt;em&gt;politiques,&lt;/em&gt; des droits qui ne peuvent être exercés
que si l'on est membre d'une communauté. La &lt;em&gt;participation&lt;/em&gt; à l'essence
&lt;em&gt;générale,&lt;/em&gt; à la vie politique commune à la vie de l'État, voilà leur
contenu. Ils rentrent dans la catégorie de la &lt;em&gt;liberté politique,&lt;/em&gt; dans
la catégorie des &lt;em&gt;droits civiques&lt;/em&gt; qui, ainsi que nous l'avons vu, ne
supposent nullement la suppres­sion absolue et positive de la religion, ni, par
suite, du judaïsme. Il nous reste à considérer l'autre partie, c'est-à-dire les
« droits de l'homme  », en ce qu'ils diffè­rent des droits du
citoyen.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
[...]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;On fait une distinction entre les «
droits de l'homme »  et les « droits du citoyen ». Quel est cet «
homme » distinct du citoyen ? Personne d'autre que le &lt;em&gt;membre de la société
bourgeoise.&lt;/em&gt; Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé «
homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de
l'homme ? Qu'est-ce qui explique ce fait ? Par le rapport de l'État politique à
la société bourgeoise, par l'essence de l'émancipation politique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Constatons avant tout le fait que les « droits
de l'homme », distincts des « droits du citoyen, » ne sont rien d'autre que les
droits du membre de la société bourgeoise, c'est-à-dire de l'homme égoïste, de
l'homme séparé de l'homme et de la communauté. La Constitution la plus
radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l'homme et du
citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont :
l'égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. »&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;En quoi consiste la « liberté » ? « Art.
6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l'homme de faire tout ce qui ne
nuit pas aux droits d'autrui. » Ou encore, d'après la Déclaration des droits de
l'homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas
à autrui. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;La liberté est donc le droit de faire
tout ce qui ne nuit pas à autrui. Les limites dans lesquelles chacun peut se
mouvoir &lt;em&gt;sans nuire&lt;/em&gt; à autrui sont marquées par la loi, de même que la
limite de deux champs est déterminée par un piquet. Il s'agit de la liberté de
l'homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. [...] Mais le
droit de l'homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l'homme avec
l'homme mais plutôt sur la séparation de l'homme d'avec l'homme. C'est le droit
de cette séparation, le droit de l'individu limité à lui-même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;L'application pratique du droit de liberté,
c'est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit
?&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;« Le droit de propriété est celui qui
appartient à tout citoyen de jouir et de dispo­ser à son gré de ses biens, de
ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de
1793, art. 16.)&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Le droit de propriété est donc le droit de
jouir de sa fortune et d'en disposer « à son gré », sans se soucier des autres
hommes, indépendamment de la société; c'est le droit de l'égoïsme. C'est cette
liberté individuelle, avec son application, qui forme la base de la société
bourgeoise. Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la
réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté. Elle proclame avant tout
le droit « de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du
fruit de son travail et de son industrie ».&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Restent les autres droits de l'homme,
l'égalité et la sûreté.&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Le mot « égalité » n'a pas ici de
signification politique; ce n'est que l'égalité de la liberté définie ci-dessus
: tout homme est également considéré comme une telle mo­na­de basée sur
elle-même. La Constitution de 1795 détermine le sens de cette égalité : « Art.
5. L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle
protège, soit qu'elle punisse. »&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Et la sûreté ? La Constitution de 1793 dit : «
Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun
de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses
propriétés. »&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;La sûreté est la notion sociale la plus haute
de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n'existe
que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de
ses droits et de ses propriétés. C'est dans ce sens que Hegel appelle la
société bourgeoise « l'État de la détresse et de l'entendement ».&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Par la notion de sûreté, la société bourgeoise
ne s'élève pas au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l'assurance de
son égoïsme.&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Aucun des prétendus droits de l'homme ne
dépasse donc l'homme égoïste, l'hom­me en tant que membre de la société
bourgeoise, c'est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur
lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant a son
arbitraire privé. L'homme est loin d'y être considéré comme un être générique;
tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un
cadre extérieur à l'individu, comme une limitation de son indépendance
originelle. Le seul lien qui les unisse, c'est la nécessité naturelle, le
besoin et l'intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur
personne égoïste.&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Il est
assez énigmatique qu'un peuple, qui commence tout juste à s'affranchir, à faire
tomber toutes les barrières entre les différents membres du peuple, à fonder
une communauté politique, proclame solennellement (1791) le droit de l'homme
égoïste, séparé de son semblable et de la communauté, et reprenne même cette
proclamation à un moment où le dévouement le plus héroïque peut seul sauver la
nation et se trouve réclamé impérieusement, à un moment où le sacrifice de tous
les intérêts de la société bourgeoise est mis à l'ordre du jour et où l'égoïsme
doit être puni comme un crime (1793). La chose devient plus énigmatique encore
quand nous constatons que l'émancipation politique fait de la &lt;em&gt;communauté
politique,&lt;/em&gt; de la communauté civique, un simple &lt;em&gt;moyen&lt;/em&gt; devant
servir à la conservation de ces soi-disant droits de l'homme, que le citoyen
est donc déclaré le serviteur de l' « homme » égoïste, que la sphère, où
l'homme se comporte en qualité d'être générique, est ravalée au-dessous de la
sphère, où il fonctionne en qualité d'être partiel, et qu'enfin c'est l'homme
en tant que bourgeois, et non pas l'homme en tant que citoyen, qui est
considéré comme l'homme vrai et authentique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
[...]&lt;br /&gt;
La société féodale se trouva décomposée en son fond, l'homme, mais l'homme tel
qu'il en était réellement le fond, l'homme égoïste.&lt;br /&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;Or, cet homme, membre de la société
bourgeoise, est la base, la condition de l'État &lt;em&gt;politique.&lt;/em&gt; L'État l'a
reconnu à ce titre dans les droits de l'homme.&lt;br /&gt;
Mais la liberté de l'homme égoïste et la reconnaissance de cette liberté est
plutôt la reconnaissance du mouvement &lt;em&gt;effréné&lt;/em&gt; des éléments spirituels
et matériels, qui en constituent la vie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
L'homme ne fut donc pas émancipé de la religion; il reçut la liberté
religieuse. Il ne fut pas émancipé de la propriété; il reçut la liberté de la
propriété. Il ne fut pas émancipé de l'égoïsme de l'industrie; il reçut la
liberté de l'industrie.&lt;br /&gt;
[...]&lt;br /&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;&lt;em&gt;Toute&lt;/em&gt; émancipation n’est que la
&lt;em&gt;réduction,&lt;/em&gt; du monde des rapports humains, à l'homme lui-même.&lt;br /&gt;
L'émancipation politique, c'est la réduction de l'homme d'une part au membre de
la société bourgeoise, à &lt;em&gt;l'individu égoïste et indépendant,&lt;/em&gt; et d'autre
part au &lt;em&gt;citoyen,&lt;/em&gt; àla personne juridique..&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
C'est seulement lorsque l'homme individuel réel, réintègre en lui-même le
citoyen abstrait, et que, en tant qu'être humain individuel dans sa vie
courante, dans son travail personnel, dans sa situation personnelle, il devient
un être générique, c'est seulement quand l'homme a reconnu et organisé ses
&amp;quot;forces propres&amp;quot; en forces sociale et de ce fait ne sépare plus de lui la force
sociale sous la forme d'une force politque, c'est alors seulement que
l'émancipation humaine est accomplie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;Voilà un texte édifiant qui démontre que Marx
(et beaucoup de ses disciples) n'a rien compris au concept révolutionnaire
contenu dans ces Droits de l'Homme distincts des droits du citoyen.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;Car cette distinction est précisément ce qui
est remarquable dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Pour
la première fois le peuple réuni en Nation attribuait des droits à chaque Homme
en tant que tel. Il ne s'agissait donc plus de légiférer pour déterminer le
comportement des hommes entre eux ou par rapport à une autorité supérieure,
mais d'accorder des droits imprescriptibles à chaque être humain. L'Homme
devenait donc un individu souverain dotés de droits qui ni la collectivité, ni
l'Etat ni même la religion ne pouvaient lui contester. C'est contre ce concept
prodigieux, qui permettait enfin aux individus de s'affranchir de la tribu, du
clan, de la famille ou de la caste, que s'élève Marx : &amp;quot;l'homme séparé de
l'homme et de la communauté, c'est l'homme égoïste&amp;quot; et c'est seulement lorsque
l'homme devient un &amp;quot;être générique&amp;quot; que l'émancipation humaine est accomplie&amp;quot;.
Incroyable contresens qui fait retomber l'homme dans le collectivisme, qui nie
sa liberté à peine conquise et qui confond volontairement individualisme et
égoïsme.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Autre
étonnante lacune dans la pensée de Marx, son interprétation de la notion de
propriété. Il cite l'article 16 de la constitution de 1793 :&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-CA&quot;&gt;« Le droit de propriété est celui qui appartient à
tout citoyen de jouir et de dispo­ser à son gré de ses biens, de ses revenus,
du fruit de son travail et de son industrie. » qu'il résume par : &amp;quot;le droit de
jouir de sa fortune et d'en disposer « à son gré », sans se soucier des autres
hommes, indépendamment de la société&amp;quot;. A t-il lu le texte ? pourquoi les biens
et le fruit de son travail se sont-ils transformés en &amp;quot;fortune&amp;quot; ? En quoi la
déclaration des Droits de l'Homme indique t-elle qu'il ne faut pas se soucier
des autres hommes ? Il s'agit là d'une pure déformation du texte qui frise la
mauvaise foi. Pire, Marx n'a pas compris ce que Proudhon allait finalement
comprendre, à savoir que la propriété garantie par la Déclaration des Droits de
l'Homme, ce n'est pas l'accumulation des richesses mais la condition nécessaire
à l'exercice de la liberté de chacun. La première des propriétés affirmée par
la Déclaration des Droits de l'Homme c'est celle de son corps, ce qui met
légalement fin à l'esclavage.&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Ma vérité sur la planète</title>
    <link>http://www.gaucheliberale.org/post/2007/08/06/Ma-verite-sur-la-planete</link>
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    <pubDate>Mon, 06 Aug 2007 19:09:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alcodu</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;&lt;img style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0 1em 1em 0&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.gaucheliberale.org/public/images/Dscn2738d.jpg&quot; /&gt;Bon bouquin, tout
à fait recommandable qui se veut une réponse au programme de Nicolas
Hulot.&lt;/h3&gt;
&lt;h3&gt;Tous les grands sujets environnementaux sont traités de façon remarquable,
avec chiffres et raisonnements de bon sens à l'appui. Traitement des déchets,
OGM, variations climatiques, énergie, biodiversité, gestion de l'eau.&lt;/h3&gt;
&lt;h3&gt;Un chapitre est consacré à Nicolas Hulot avec un rappel de quelques phrases
significatives (qui font un peu froid dans le dos quand on songe que tous les
&amp;quot;grands &amp;quot;candidats ont signé son pacte) :&lt;/h3&gt;    &lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Nicolas Hulot cité par Claude Allègre :&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;La modernité a profané la sphère du sacré en outrepassant les limites
imparties à l'humanité&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;le temps de l'information, du débat, des controverses est
révolu.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;le progrès est devenu un risque&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;La croissance pose problème&lt;/em&gt;&amp;quot;.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Après cette lecture on est fier de soutenir le
parti qui n'a &lt;ins&gt;pas&lt;/ins&gt; signé le pacte du grand gourou.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Claude Allègre rappelle dans un chapitre
intitulé &amp;quot;&lt;span&gt;n'ayons pas la mémoire trop courte&lt;/span&gt;&amp;quot; les différentes
théories catastrophistes du passé récent : le trou dans la couche d'ozone, la
panique de l'amiante (au passage il règle son compte au désamiantage de
Jussieu), le banissement du plomb, le club de Rome, etc.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Un chapitre est intilulé : &amp;quot;la secte verte&amp;quot;. Il
parle d'Al Gore comme d'un truand :&amp;quot;&lt;em&gt;Le truand c'est Al Gore. [...] Une
conférence lui rapporte 200 000 $ plus trois places d'avion en première
classe&lt;/em&gt; [...]&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Un paragraphe s'intitule : &amp;quot;&lt;em&gt;principe de
précaution piège à con&lt;/em&gt;&amp;quot;. (!)&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Franc parler ainsi que respect de
l'environnement et de la science sont les composantes de cet ouvrage.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Un petit extrait pour vous étonner :&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;&amp;quot;&lt;em&gt;La séquestration du CO2 va devenir une
marché mondial de plusieurs milliards de dollars. Notons que c'est l'industrie
privée qui l'a mise en place sans aucun contrôle des gouvernements , de l'ONU
et tutti quanti... On me rétorquera que c'est parce que les pétroliers ont vu
que les mesures de restiction du CO2 les menaçaient qu'ils ont réagi ainsi.
Sans nul doute. Mais c'est exactement ainsi que réagissent les sociétés
humaines et qu'elles progressent. Faire du business avec ce qui est utile !
Stimuler la croissance en résolvant un à un les problèmes qui se
posent.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Et un autre :&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;&amp;quot;&lt;em&gt;C'est à partir de là pourtant que le GW
(Global Warning) a commencé à «polluer» puis a envahir les médias et le monde
politique. Il a bien sûr pour lui la fascination que la prédiction de l'avenir
exerce sur les hommes et les princes, les peurs millénaristes, Nostradamus,
Madame Soleil, etc., mais à mon avis le refus des Etats Unis de signer le
protocole de Kyoto a été un facteur d'amplification. La haine de l'Amérique, de
sa puissance, de sa réussite, a amplifié le mouvement. «C'est bien la preuve
que c'est important, ces salauds d'américains ont refusé de le signer [...] Aux
écologistes se sont joints les anti-mondialistes et les
antilibéraux.»&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Si tous les socialistes raisonnaient comme
ça... ils seraient tous exclus du parti socialiste.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Malheureusement, malheureusement, il y a
quelques (courts) passages dans le livre qui sont là pour donner la tonalité
socialiste. Je ne résiste pas au plaisir/déception de vous citer la phrase la
plus bête de ce très bon ouvrage : &amp;quot;&lt;em&gt;Que les écologistes de tous bords
sachent bien que le premier produit qui pollue la planète c'est l'argent ! En
écologie comme ailleurs&lt;/em&gt;&amp;quot;.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 style=&quot;FONT-WEIGHT: normal&quot;&gt;Eh non M. Allègre, l'argent qui permet, le
commerce, les échanges, le partage du travail, est probablement l'une des plus
belles inventions de l'homme après le langage et l'écriture. Mais dans la
morale socialiste, comme dans celle de l'ancien régime, l'argent est sale et
impur...&lt;/h3&gt;</description>
    
    
    
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    <title>&quot;Le mystère du capital&quot; par Hernando de Soto</title>
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    <pubDate>Sat, 05 May 2007 01:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alcodu</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.gaucheliberale.org/public/images/myst-du-cap-ptit.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
A lire absolument - intelligent - argumenté - généreux - lumineux et
optimiste&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici l'ouvrage qui répond à une question que tout libéral honnête se pose au
fond de lui :&lt;br /&gt;
- pourquoi le libéralisme ne &amp;quot;marche&amp;quot; t-il pas dans les pays pauvres ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vrai que le capitalisme et la &amp;quot;loi du marché&amp;quot; ne semblent pas &amp;quot;prendre&amp;quot;
en Amérique du sud, aux Antilles, en Afrique et dans de nombreux pays
musulmans.&lt;br /&gt;
Les conseils de la banque mondiale, de l'OMC et l'encadrement attentionné des
pays riches ont fait baisser les barrières douanières, ont stabilisé
l'inflation mais il semble bien que dans ces pays la mondialisation ne profite
toujours qu'à un petit cerle d'initiés.&lt;br /&gt;
Pourquoi ?&lt;/h3&gt;    &lt;h3 style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt;Lorsque les libéraux fustigent le régime
communiste Cubain : absence de libertés, pauvreté, marché noir, violence
politique, on ne peut qu'approuver. Mais cela ne doit pas nous empêcher de
constater qu'Haïti, situé dans la même région et qui vit dans ce que l'on
pourrait à première vue appeler la &amp;quot;Loi de la jungle&amp;quot; (nos adversaires ne se
privent pas de nous le rappeler) a un PIB inférieur de moitié à celui de Cuba.
De surcroît Cuba, bien que soumis à embargo de la part des USA, nourrit éduque,
soigne et protège sa population nettement mieux qu'Haïti. Qu'est ce qui empêche
Haïti de se développer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que le capitalisme des pays riches a conduit à une formidable création de
richesses qui a profité à toutes les couches de la population, certains pays
semblent hermétiques à cette organisation de la production et à cette
répartition du travail. Pourquoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première réponse à cette question est avancée par les libéraux qui
dénoncent les aides d'Etat corruptrices qui serviraient à maintenir un statut
quo au profit des gouvernants et des fonctionnaires. Je ne sais pas ce que vous
en pensez, mais cette explication ne m'a jamais pleinement satisfait. On
constate effectivement que les aides au développement ne servent quasiment à
rien, mais cela n'explique pas pourquoi certains pays pauvres n'arrivent pas à
décoller malgré les aides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eh bien c'est d'une façon lumineuse qu'Hernando de Soto, économiste péruvien,
répond à ces questions dans ce livre qui n'est pas sorti récemment - première
parution 2000 et derniers exemples chiffrés 2002. - mais que je viens de lire,
et que je vous recommande chaudement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il montre comment la formation de capital est rendue possible dans les pays
riches par un ensemble de règles et de comportements extrêmement complexes mais
qui nous paraissent tellement naturels que nous ne les voyons plus. Il montre à
l'inverse que la formation du capital qui nait de la propriété légale et de la
confiance réciproque, se heurte dans les pays pauvres à des obstacles quasiment
insurmontables. D'où la naissance et l'existence dans ces pays d'un secteur
extra-légal, économiquement très important mais qui ne peut servir à la
formation de capital puisqu'il ne peut donner lieu à des échanges reconnus par
tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hernando de Soto nous donne une belle leçon de droit naturel - sans jamais
énoncer ces mots. Le droit hérité de la pratique extra-légale existe bien dans
tous les pays pauvres qu'il a étudié mais ce droit n'a pas été intégré par
leurs Etats. Les richesses accumulées par les individus (bien supérieures aux
aides de la communauté internationale) ne peuvent donc pas produire de capital
puisque leurs droits et leurs avoirs ne sont pas reconnus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un ouvrage, je le répète lumineux, qui tord le cou à toutes les théories
racistes du sous développement, qui montre que le développement des pays
pauvres est possible, qui montre que la créativité et le dynamisme de leurs
populations atteint des niveaux insoupçonnés, et ... qui démontre clairement
que l'anarcho capitalisme ça ne peut pas marcher !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet l'intégration de tous les régimes de droits extra-légaux au sein d'un
&lt;ins&gt;Etat de Droit&lt;/ins&gt; est une condition nécessaire pour la formation du
capital et pour le développement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un des exemples qui est plus particulièrement étudié est la formation de la
propriété aux Etats Unis On y apprend comment les &amp;quot;Squatters&amp;quot;, propriétaires
extra-légaux de l'Amérique sous développée d'il y a à peine deux cents ans,
avaient inventé des règles de droits, échangeaient leurs titres et rendaient la
justice comme cela se passe aujourd'hui dans certains pays pauvres ou dans
certains bidonvilles. L'histoire montre comment les gouvernants des Etats Unis
ont su intégrer ces régimes de droit extra-légaux au régime général ce qui a
permi le formidable essort économique de ce pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une occasion de regretter que l'histoire des Etats Unis soit totalement absente
de nos livres d'histoire. Il est vrai que l'étude d'un pays qui est passé du
sous développement au statut de première puissance mondiale en l'espace de deux
cents ans ne peut être d'aucune utilité pour essayer de venir en aide aux pays
pauvres. Seul le discours alter-mondialiste peut apporter une réponse...&lt;/h3&gt;</description>
    
    
    
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